International

La recette de Bruxelles contre le chômage

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4922 Le 22/12/2016 | Partager
Plateformes numériques et économie collaborative, des niches
Les capacités de dialogue social doivent être renforcées
Formation, compétences linguistiques pour faciliter l’intégration des réfugiés
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Le chômage recule au deuxième trimestre de 2016, mais il est encore supérieur au niveau d’avant la crise financière mondiale (7,2%). Les contrastes en Europe sont marqués. Quand la République tchèque connaît un taux de chômage de 3,8%, l’Allemagne de 4,1%, ce dernier culmine en Grèce à 23,4% et l’Espagne (19,2%). Au Maroc, le taux de chômage au niveau national a baissé de 10,1% à 9,6% au troisième trimestre 2016 (selon le HCP)

Quelque trois millions d’emplois ont été créés en 2015 et le taux d’emploi a légèrement augmenté, faisant ainsi reculer la pauvreté. Toutefois, le chômage (qui connaît un répit selon les chiffres d’Eurostat) reste élevé en comparaison avec la situation d’avant la crise financière mondiale. Les marchés du travail et les sociétés civiles devront s’adapter aux nouvelles formes de travail, selon le dernier examen annuel de l’emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE) publié par la Commission européenne. Il s’est concentré sur plusieurs volets:
■ Emploi en hausse, recul de la pauvreté: Le nombre d’Européens ayant un emploi s’est établi à 232 millions de personnes. L’année dernière, trois millions d’emplois ont été créés, dont la plupart sont permanents.
Un emploi à plein temps efficace protège contre la pauvreté dans la plupart des cas. La part de la population exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (23,7%) est à son plus bas niveau depuis cinq ans. Cependant, 8,3% des Européens sont encore au chômage (chiffres d’octobre 2016) et le réexamen met en lumière la difficulté du retour à l’emploi dans les années postérieures à la crise (2008-2013). Environ un chômeur sur huit seulement est parvenu à retrouver un emploi à temps plein et à durée indéterminée dans un délai de trois ans. Le taux de chômage des jeunes, encore supérieur à 20%, reste un problème majeur.
■ L’impact de la numérisation: L’avenir du travail est en pleine mutation et reste marqué par l’apparition des plateformes numériques et l’économie collaborative. Celles-ci offriront de nouvelles possibilités d’emploi, le plus souvent sous la forme de travail indépendant. Les investissements dans les TIC ont peut-être été à l’origine d’un tiers de la croissance économique de l’UE entre 2005 et 2010, mais de nombreux postes dans le domaine informatique sont restés vacants. L’investissement dans les compétences est d’une importance fondamentale pour profiter pleinement des avantages de la numérisation.
■ L’intégration des réfugiés: En 2015, et au cours des neuf premiers mois de 2016, près de 2,2 millions de demandes d’asile ont été présentées aux Etats membres. Toutefois, les réfugiés sont confrontés à des obstacles lorsqu’il s’agit d’intégrer les marchés du travail, tels que des niveaux d’éducation inférieurs et des compétences linguistiques insuffisantes. Il sera essentiel d’investir dans leur formation et leurs compétences linguistiques, et faciliter la reconnaissance de leurs compétences, pour leur intégration sur le marché du travail. Cette initiative contribuera à renforcer le capital humain de l’UE dans un contexte de sociétés vieillissantes.
■ Renforcer les capacités de dialogue social: Le rapport ESDE identifie les moyens par lesquels les partenaires sociaux peuvent réagir aux défis auxquels est actuellement confronté le marché du travail. Et ce notamment en représentant les nouveaux types des travailleurs et des employeurs et en coopérant avec les pouvoirs publics. Par exemple, dans plusieurs Etats membres, les nouvelles formes d’entreprise numérique telles qu’Uber et les travailleurs affiliés sont de plus en plus pris en compte en tant que partenaires sociaux.
■ D’autres mesures: L’une des initiatives est le pilier européen des droits sociaux, dont une proposition finale sera présentée au début de l’année prochaine, à l’issue de la vaste consultation lancée en mars 2016. Cette initiative vise à maximiser les perspectives d’emploi, à favoriser l’insertion sur le marché du travail et dans la société. Le lancement d’un projet de coopération sectorielle sur les compétences fait partie intégrante des efforts et il est attendu pour le début de l’année prochaine. Dans ce contexte, un «profil de compétences» pour les ressortissants de pays tiers doit également être lancé au cours du premier semestre 2017. Il favorisera l’identification précoce, la visibilité et la reconnaissance des compétences et des qualifications des demandeurs d’asile, réfugiés et autres migrants. Avec la prolongation de la garantie pour la jeunesse, le complément financier de l’initiative pour l’emploi des jeunes et la récente initiative visant à investir davantage dans la jeunesse de l’Europe, la Commission européenne cherche à maximiser les chances des jeunes sur le marché du travail.

 

 

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