Competences & rh

Management interculturel : Observer, comprendre, s’adapter!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4920 Le 20/12/2016 | Partager
Pour faciliter la cohabitation en entreprise, exit les stéréotypes et préjugés
L’ENCG Casablanca organise la 6e édition de sa journée dédiée à la thématique
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Une exposition sur les cultures méditerranéennes a également été organisée lors de la 6e journée du management interculturel de l’ENCG Casablanca. Des stands dédiés à plusieurs pays ont été décorés par les étudiants. Le prix du meilleur stand a été attribué à la Tunisie  (Ph. ENCG)

Manager des ressources humaines est forcément synonyme de gestion de la complexité. Et à plus forte raison, quand il s’agit de profils issus de plusieurs cultures. Au Maroc, la thématique est de plus en plus d’actualité, avec un nombre croissant de cadres et de travailleurs subsahariens et européens qui font le choix de s’installer dans le Royaume. Dans le secteur de l’offshoring, par exemple, environ 10% des effectifs sont aujourd’hui originaires d’Afrique subsaharienne.
Se confronter à plusieurs cultures peut être source d’incompréhensions et de conflits. «Plus nous communiquons, plus nous nous rendons compte de nos différences et moins nous nous comprenons», avait confié à L’Economiste le philosophe français Edgar Morin.
Afin de sensibiliser les futurs cadres à cette problématique, l’ENCG de Casablanca organise depuis maintenant six ans toute une journée dédiée au management interculturel. La dernière édition s’est tenue il y a une dizaine de jours dans son campus, avec une table ronde réunissant des managers et experts, du Maroc, de Tunisie, de France et de Grèce. Tous ont partagé leur expérience avec les étudiants de la grande école de commerce et de gestion. «Il existe trois types de cultures en entreprise: celle du patron, celle des cadres et celle des employés. Il ne faut surtout pas partir de stéréotypes. Mais plutôt tenter de comprendre l’autre, non pour le maîtriser, mais pour mieux coopérer», insiste Mohssine Benzakour, sociologue, enseignant-chercheur.
Pour faciliter la cohabitation, mieux vaut se défaire de ses préjugés. «Vous devez observer mais sans juger. Apprendre un maximum de langues étrangères est également crucial», conseille, quant à lui, Assilis Koufiotis, DG de la société grecque 10 Jareb. A l’ENCG, les langues occupent une place centrale. Cinq sont obligatoires, dont l’arabe commercial, le français (en première année dans le cours de communication), l’anglais, l’espagnol et l’allemand. D’autres sont optionnelles, telles que le japonais et le chinois. Au total, une dizaine. «Il est utile d’observer son entourage pour connaître les gestes à ne pas avoir, les questions à ne pas poser,… Cependant, il ne faut jamais être choqué de ce que l’on découvre», pense, pour sa part, Ghazi Frigui, directeur régional Moyen-Orient/Afrique chez le fabricant français de matériel de lutte contre l’incendie, POK. «Il faudrait partir du principe qu’il n’existe pas de culture supérieure à une autre, et savoir accepter l’autre, même si l’on est en désaccord, et comprendre sans porter de jugement», souligne Abdelmajid Ibenrissoul, professeur à l’ENCG Casablanca.
L’évènement s’est clôturé avec des joutes oratoires savamment formulées par les étudiants, des jeux méditerranéens, ainsi que par une chorégraphie sur le savoir vivre ensemble, baptisée «Together», également jouée par des étudiants qui débordent de talent.

 

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