Economie

Auto-écoles : Les moniteurs devront repasser un examen

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4920 Le 20/12/2016 | Partager
Le test sanctionné par une carte professionnelle valable cinq ans
Risque d’échec à l’image de la régularisation des chauffeurs professionnels

Les moniteurs d’auto-écoles devront passer un examen d’aptitude professionnelle. Un test qui sera sanctionné par la délivrance d’une carte officielle. A l’image de celle délivrée aux chauffeurs professionnels (autocars, autobus, camions, taxis…), le document est indispensable pour exercer en tant que moniteur. En cas de contrôle par la police, il est systématiquement exigé au même titre que les autres documents du véhicule. Le texte d’application du code de la route vient de définir les conditions d’éligibilité et les modalités  de l’examen.
Ainsi, l’examen s’adresse aux personnes justifiant d’une expérience de deux ans sans interruption avant le 11 août 2016. Une date qui a été prorogée de deux mois. Il faudra produire une attestation de travail, assortie d’un contrat de travail et du certificat d’adhésion à la CNSS.
L’objectif étant de prévenir les certificats de complaisance. Les propriétaires d’auto-écoles sont tenus de présenter  une copie conforme de l’autorisation d’exploitation ainsi qu’un extrait du registre de commerce.
Selon la Fédération marocaine des moniteurs des auto-écoles, un millier de personnes seraient concernées par la procédure de régularisation. Parmi eux, figurent celles qui n’avaient pas pu passer l’examen en 2012 ou qui avaient été recalées. Entre cette année et 2016, les règles du jeu ont changé. L’examen d’aptitude professionnelle se veut plus sévère. Ainsi, il faudra obtenir à l’épreuve théorique de la voiture une moyenne de 35 sur 40 contre 30/40 en 2012. Pour la moto, le moniteur devra répondre à 40 questions sur les 46 prévues. La date et les lieux d’examens seront rendus publics via la presse et le portail du ministère du Transport au moins dix jours avant. Un examen de rattrapage est prévu pour les moniteurs recalés ou qui n’ont pas pu se présenter à la première session.
«L’autre nouveauté de l’arrêté ministériel concerne l’introduction d’une épreuve pour les moniteurs des véhicules poids lourds tels que le camion, l’autocar ou la remorque alors qu’auparavant, il n’y avait pas d’examen dédié à cette catégorie», affirme Mustapha El Haji, président de la Fédération marocaine des moniteurs des auto-écoles. La moyenne retenue pour ce type d’engin a été fixée à 40 points sur 46.
Les moniteurs qui avaient passé l’examen de 2012 sont exonérés. Sauf ceux qui souhaitent étendre leur capacité à d’autres catégories de véhicules. Ils ont le choix de passer l’examen de la catégorie A (motocyclette), B (véhicule de moins de 3.500 kg) ou le triptyque des poids lourds: camion (C), autocar (D) et véhicule couplé tracteur/remorque (E).
A l’inverse des examens passés, cette année, les épreuves de conduite devront avoir lieu sur la voie publique et non plus en circuit fermé. Sauf qu’il faudra disposer de son propre véhicule. Le ministère du Transport n’ayant pas de parc dédié aux tests d’aptitude professionnelle. C’est la raison pour laquelle bon nombre de moniteurs risquent d’être écartés puisqu’ils ne seront pas en mesure de disposer, par exemple, d’un autocar, un camion ou d’une remorque. D’ailleurs, les auto-écoles assurant une formation dans ces catégories ne sont pas légion. Dans certaines régions, il n’y en a aucune. Ce qui risque de faire échouer le dispositif de régularisation.
Rappelons que l’écrasante majorité des moniteurs qui avaient passé l’examen en 2012 n’ont toujours pas reçu leur carte. Ils circulent toujours avec une simple attestation de réussite. Un document que les agents de contrôle rejettent dans la plupart des cas. De toute façon, en 2017, ces opérateurs devront suivre une session de formation continue à l’image des chauffeurs professionnels. Un dossier sur lequel le ministère du Transport enregistre beaucoup de retard.

A quand le grand ménage

Le délivrance de cartes professionnelles aux moniteurs d’auto-écoles est certes un premier pas vers la régularisation de cette activité. Encore faut-il que le ministère du Transport puisse attribuer ces documents dans des délais raisonnables et que cette démarche ne devienne pas un flop comme la mise en conformité des chauffeurs professionnels, qui attendent toujours leur carte professionnelle. Le ministère du Transport devra aussi recenser l’ensemble des moniteurs pour identifier ceux qui exercent de manière clandestine.

 

 

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