Entreprises

PME/TPE: La CGEM veut un Small business act

Par Safall FALL | Edition N°:4916 Le 14/12/2016 | Partager
Le patronat presse pour la mise en place d’un observatoire dédié à la TPME
Financement, gouvernance, investissement… les blocages
cgem_small_business_016.jpg

14 milliards de DH de crédits aux entreprises ont été garantis par la CCG en 2016. Ce chiffre était de 2 milliards six ans plus tôt. L’accès au financement reste au centre des maux de la TPME marocaine (Ph. privée)

Une charte dédiée, une agence spécialisée (Maroc PME), un nouveau statut, garanties et produits de financements taillés sur mesure… Tous les facteurs sont réunis, mais la machine de la compétitivité est toujours grippée. La métaphore résume tout le paradoxe de la situation des TPME marocaines. En dépit d’une politique volontariste en leur faveur, «il existe encore des freins empêchant le développement des PME dans notre pays», reconnaît d’emblée Tarik El Malki, directeur du développement et de la recherche scientifique du groupe de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE). L’économiste préside aussi le comité d’organisation du 2e Colloque international de l’Iscae, organisé les 9 et 10 décembre derniers. Les travaux de cette édition ont porté sur «l’entrepreneuriat et le développement des PME dans le monde», avec un important focus sur la situation locale.
C’est une évidence: la TPME est une composante essentielle du tissu entrepreneurial national. En chiffres, ces entreprises pèsent plus de 90% du tissu productif national, toutes activités confondues. «C’est aussi 23% des salariés déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), plus précisément des petites entreprises (de 0 à 10 employés)», précise Saïd Ahmidouch, le patron de la CNSS. Mais ce sont aussi les structures les plus affectées par les mortalités précoces. En 2016, le cabinet Euler-Hermes projette 6.400 faillites d’entreprises, et 7.000 défaillances pour l’année prochaine.  «Pour améliorer la compétitivité de nos petites et moyennes entreprises, nous avons réellement besoin d’un modèle à la Small business act américaine», lance Zineb Midafi, membre du conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). «Il est nécessaire de mettre en place rapidement le projet d’observatoire pour la PME, animé par une instance interministérielle», précise Midafi.
L’argent étant toujours le nerf de la guerre, la question du financement reste en tête de liste de ces contraintes symptomatiques. Les banques jouent, certes, le jeu de la prise de risque auprès des TPME depuis quelques années déjà à coups de produits et de lignes de financement dédiées. Le financement alternatif fait encore de timides pas. «Mais des insuffisances demeurent. Le Maroc souffre tout d’abord d’un problème de capacité de crédit bancaire, celui-ci étant davantage capté par les grands projets, qu’au service de l’entrepreneuriat», déplore El Malki. Mais encore faut-il que les garanties assujetties au crédit ne soient pas un obstacle. «Les crédits aux entreprises garantis ont atteint quelque 14 milliards de DH en 2016 contre 2 milliards en 2009», annonce Hicham Zanati Serghini, directeur général de la Caisse centrale de garantie (CCG). Mais les contraintes au développement de l’écosystème TPME englobent aussi les problèmes de gouvernance, la faiblesse
des capitalisations financières qui gêne l’investissement dans l’innovation ou la croissance, etc.

 

L'Economiste vous conseille

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc