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Résultats OCP : Le groupe résilient face à la baisse des cours

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4915 Le 09/12/2016 | Partager
La demande impactée par les stocks constitués en 2015
Le repli des prix des intrants permet de limiter les dégâts
Un chiffre d’affaires de 31,97 milliards de DH, à fin septembre, en baisse de 14%
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Bien qu’évoluant dans un contexte peu favorable, l’OCP a pu améliorer sa rentabilité en raison de la maîtrise des coûts de production, la baisse des cours des intrants et la diversification

Les résultats de l’OCP au terme des trois premiers trimestres ne crèvent pas le plafond. Mais le troisième trimestre (juin à septembre) a été exceptionnel. En effet, le groupe a légèrement amélioré sa rentabilité puisque l’Ebitda a pris 32% contre une moyenne de 16% pour l’ensemble de l’industrie sur la même période, grâce à la hausse des exportations d’engrais sur des marchés à fort potentiel tels que l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Afrique… Une progression qui intervient dans un contexte peu favorable. Cependant, la croissance de la consommation mondiale de phosphate n’a pas eu d’impact significatif sur les cours puisqu’elle a été alimentée via les stocks constitués en 2015. C’est ce qui explique d’ailleurs le recul des importations et donc la baisse des prix. A l’inverse, la roche se montre plus résiliente.
Rappelons qu’au terme des neuf premiers mois, l’Ebitda s’est établi à 9,17 milliards de dirhams contre 13,92 milliards à la même période de 2015, en recul de 34%.
A fin septembre, l’OCP a généré un chiffre d’affaires de 31,97 milliards de dirhams contre 37,13 milliards pour la même période de l’année passée, soit une baisse de 14%. Les résultats indiquent également une forte décroissance des flux de trésorerie, 3,52 milliards de dirhams contre 8,52 milliards un an auparavant.
Conjuguée à l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, la baisse du coût des principaux intrants, tels que le soufre et l’ammoniac, a permis de compenser un tant soit peu le recul des prix de vente, notamment des engrais phosphatés. Les cours ont baissé de 30% par rapport à l’année dernière en raison de la suroffre occasionnée par le niveau des exportations chinoises qui, bien qu’elles aient baissé de 40% par rapport à 2014 (moins 2,2 millions de tonnes), restent toujours élevées. D’où de gros stocks dans les principaux marchés de l’OCP: Brésil, Inde, USA…
Dans ce contexte, la marge brute du groupe OCP a enregistré une forte baisse puisqu’elle a atteint 21,54 milliards de dirhams alors qu’elle était de 25,9 milliards de dirhams pour les neuf premiers mois de 2015.
Les résultats, rendus publics jeudi 8 décembre, ne portent pas sur le niveau d’endettement du phosphatier. Celui-ci précise que «l’endettement reste à des niveaux stables d’année en année» et que les ratios d’endettement se situent largement en dessous de la moyenne de la concurrence qui elle aussi a engagé de vastes plans de développement. En revanche, le groupe rappelle l’emprunt obligataire de 5 milliards de dirhams pour lequel il a eu le feu du régulateur. Une somme qui devrait être investie dans des projets au Maroc. L’OCP reste également silencieux sur le montage financier des différents projets annoncés en Afrique subsaharienne. Le plus important reste la construction d’une plateforme intégrée de production de fertilisants avec l’utilisation d’une importante réserve de gaz dans le sud de l’Ethiopie. Dans une première étape, l’OCP investira avec ses partenaires 2,4 milliards de dollars, puis 1,3 milliard de dollars à partir de 2025 selon les conditions du marché. Le groupe devrait contribuer via ses fonds propres aux côtés du gouvernement éthiopien et d’autres bailleurs de fonds.

Fin du cycle baissier?

Les acteurs mondiaux de l’industrie du phosphate et les analystes internationaux estiment que l’année 2016 est à un niveau proche du bas de cycle avec une perspective de stabilité en 2017. Par ailleurs, la demande pour les engrais phosphatés se caractérise par une certaine volatilité, mais reste forte. Toutefois, les ventes ne manqueront pas d’être impactées par les niveaux élevés des stocks chez les principaux importateurs. Mais l’industrie pourra toujours tabler sur la stabilité, ou même un recul des cours des intrants, qui ont fortement baissé et qui impacteront favorablement la rentabilité de l’OCP. Une perspective confortée par l’entrée en services prochaine de nouvelles capacités.
Pour améliorer sa rentabilité, le groupe se positionne dans les produits de spécialité. Ainsi, l’OCP a acheté une licence Shell Thiogro pour la production d’engrais enrichis en soufre. Ce qui permet de combiner l’augmentation de la productivité et l’assainissement des sols. Au nombre de 34, les variétés de «nouveaux produits» représentent 26% déjà des ventes de fertilisants sur différents marchés.

 

 

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