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International

Alep: Les rebelles au bord de la rupture

Par Reda BENOMAR | Edition N°:4914 Le 08/12/2016 | Partager
La défaite n’est plus qu’une question de jours
Plus de 2.000 frappes aériennes et 7.000 obus d’artillerie auraient été lancés sur la ville depuis le 15 novembre
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Bombardée sans relâche depuis 20 jours, Alep n’est plus qu’un vaste champ de ruines (Ph. AFP)

Les offensives de l’armée gouvernementale soutenue par son allié russe dans Alep-Est s’acheminent vers une défaite prochaine des groupes rebelles qui tiennent la ville depuis quatre ans. Les rebelles syriens ont appelé mercredi à un cessez-le-feu immédiat de cinq jours et à l’évacuation des civils, après avoir été expulsés de la Vieille ville par le régime. Cinq ans et demi après le début du conflit, le régime est en bonne position pour infliger sa défaite la plus cuisante à l’opposition armée en reprenant la totalité de la deuxiéme ville du pays.
Mercredi 7 décembre, les forces prorégime ont encore remporté une victoire symbolique en reprenant la Vieille ville d’Alep, sans même combattre. Les rebelles s’en sont retirés de peur d’être assiégés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Les rebelles contrôlaient Alep-Est depuis 2012, mais le régime a réussi à reprendre 80% des quartiers rebelles dans ce secteur à la faveur des bombardements. Plus de 2.000 frappes aériennes et 7.000 obus d’artillerie auraient été lancés sur la ville depuis le début de l’offensive le 15 novembre dernier, selon la CNS (coalition nationale syrienne). Depuis, l’armée continue de progresser et contrôle désormais près des 2/3 du secteur. Le faible nombre de combattants rebelles comparé a celui des milices qui soutiennent l’armée ainsi que l’expérience guerrière de certains groupes, notamment celle du Hezbollah est un des facteurs à l’origine de cette déroute. L’appui de plusieurs formations paramilitaires, majoritairement chiites, à l’armée régulière s’ajoute à l’absence, de cohésion du camp rebelle, affaiblie par des luttes intestines et des dissonances idéologiques. Mais au delà des considérations internes à chaque camp la récente défaite qui marque un tournant dans le conflit syrien n’aurait pas eu lieu sans un laisser-faire de la part de certains membres du groupe des «Amis de la Syrie et du rapprochement qui se dessine entre Washington et Moscou. L’élection de Trump et la victoire écrasante de Fillon aux primaires de la droite en France, deux personnes favorables à un rapprochement avec Moscou sur la question syrienne, auraient dopé la stratégie militaire offensive russo-syrienne. Une stratégie confortée par la période de battement actuel au sein de nombreux gouvernements «majeurs», jusqu’à l’investiture en janvier prochain du nouveau président américain. Peu d’initiatives diplomatiques sont à attendre pour les prochaines semaines puisque beaucoup de gouvernements sont en phase transitoire. La situation actuelle annonce le début de la fin pour les rebelles, si certains facteurs d’ordre militaire ont pesé dans ces évolutions, d’autres considérations géopolitiques, ainsi que les mutations possibles de la politique étrangère des Etats-Unis et de la France ne sont pas négligeables.

 

 

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