Economie

Projet de loi de finances : Les départements budgétivores

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4914 Le 08/12/2016 | Partager
44,6 milliards de dirhams à l'Education nationale
Avec 8,6 milliards de dirhams, l'Agriculture est le «premier investisseur»
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67% des dépenses du budget général vont au fonctionnement. Pour 2017, les dépenses de fonctionnement sont fixées à 182,4 milliards de dirhams contre 63,5 milliards pour l'investissement.

L'éducation, la sécurité et la santé… Ces trois secteurs concentrent le plus gros du budget de l'Etat. Les charges du personnel y sont certes importantes mais cela s'accompagne aussi d'un effort d'investissement.  
L'année prochaine, l'Education nationale et la formation professionnelle mobiliseront 44,6 milliards de dirhams de crédits. Les charges du personnel même si elles ont reculé de 2,3 milliards de dirhams, sous l'effet des départs à la retraite, demeurent importantes: 36,5 milliards de dirhams! Elles représentent ainsi plus de la moitié des dépenses d'investissement du budget général. Or même si les dépenses dans l'éducation figurent parmi les plus élevées au niveau international, les résultats ne suivent pas. Le système éducatif souffre de lacunes importantes en termes de performances  qualitatives. Les résultats de l'enquête TIMSS 2015 sur les acquis des élèves en mathématiques et en sciences rendent compte du gap: les élèves marocains sont aux dernières places et les différents traitements préconisés jusque-là n'arrivent pas à améliorer la santé de ce grand malade.
Ce département qui avait engagé dans le cadre du plan d'urgence la construction d'établissements ainsi que des rénovations en particulier dans le rural investirait 3,9 milliards de dirhams en 2017.
La sécurité revêt également une importance cruciale surtout dans le contexte actuel marqué par les menaces terroristes. Les différents services de sécurité poursuivent le renforcement de leurs effectifs et se dotent de moyens techniques sophistiqués. L'intérieur aura droit à 23,8 milliards de dirhams de crédits l'année prochaine. Le plus gros des dépenses ira au personnel (17,4 milliards de dirhams).    
Avec des crédits de 14,1 milliards de dirhams, le ministère de la Santé est classé troisième en termes de budget. La masse salariale (7,4 milliards de dirhams) pèse beaucoup dans ce département alors que l'investissement y est fixé à 2,4 milliards de dirhams pour 2017. Les crédits d'investissements sont rarement consommés malgré d'immenses besoins. Les besoins en matière d'infrastructure sanitaire reste important en particulier dans le milieu rural et dans les zones enclavées où les populations souffrent de difficultés d'accès aux services de soins.  
En termes d'investissements, le ministère qui arrive à décrocher les montants les plus élevés est celui de l'Agriculture et de la pêche maritime: 8,6 milliards de dirhams pour 2017 et 6 milliards de dirhams de crédits d'engagement pour 2018. Ce département pourrait faire des jaloux mais les montants accordés  sont liés aux différents plans engagés en particulier le plan Maroc vert. Pour l'année prochaine, ce département a programmé plusieurs actions dont les études de faisabilité de l'aménagement hydro-agricole lié au transfert des eaux du nord au sud et au plan directeur de réutilisation des eaux usées en irrigation. L'Agriculture compte aussi poursuivre le programme national d'économie d'eau d'irrigation pour un montant de
1,7 milliard de dirhams et l'extension de l'irrigation en aval des barrages en service et ceux en cours de construction pour un montant de 3,2 milliards de dirhams. Ce ministère bénéficierait de 11,8 milliards de dirhams de crédit l'année prochaine.
L'Equipement, le Transport et la Logistique disposera de 6,8 milliards de dirhams d'investissement et de 6,6 milliards au titre des engagements pour 2018. Ce «super ministère» devra en particulier poursuivre le chantier des barrages notamment Dar Khrofa dans la province de Larache, Martil à 15 km de la ville de Tétouan et Mdez dans la province de Sefrou dont les travaux devraient s'achever courant 2017. L'année prochaine, les travaux de construction de Ghiss au niveau de la province d'Al-Hoceima pour 700 millions de dirhams et Fask dans la province de Guelmim pour près de 915 millions de dirhams devraient démarrer.

Le fonctionnement fléchirait de 0,48%

Les dépenses du budget général hors remboursement, dégrèvements et restitutions fiscaux s'élèvent à 273,52 milliards de dirhams. 67% de ce montant sont réservés au fonctionnement. Une rubrique sur laquelle les économies sont difficiles  à obtenir puisqu'ils baisseraient de 0,48% seulement en 2017. En revanche, l'investissement augmenterait légèrement (3,55%) passant ainsi à 63,57 milliards de dirhams. A ces crédits d'investissement s'ajoutent aussi les engagements pour l'année 2018 et suivante pour un montant de 34,66 milliards de dirhams ainsi que les reports correspondant aux crédits engagés au titre de la loi de finances 2016 et non ordonnancés au 31 décembre 2016. Et ce, pour un montant de 16,5 milliards de dirhams.

 

 

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