Habillage_leco
Culture

Festival du film de Marrakech : Jason Clarke: «Je ne choisirai jamais un rôle pour l’argent»

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4912 Le 06/12/2016 | Partager
jason_clarke_012.jpg

Jason Clarke incarne, dans le petit monde du 7e art, le nouveau Paul Newman. L’acteur australien a dû patienter de longues années avant de connaître la gloire, s’imposant aujourd’hui comme une figure incontournable du cinéma américain. Membre du jury du 16e Festival du film de Marrakech, l’histoire est pour lui le principal critère de réussite d’un film
(Ph. Bziouat)

Jason Clarke visionne chaque film sans idées préconçues, ne prenant en compte que l’histoire. Sa manière à lui d’endosser le costume de juré pour cette 16e édition du Festival international du film de Marrakech. L’acteur australien a dû patienter de longues années avant de connaître la gloire. Il a en effet longtemps travaillé pour la télévision dans son pays d’origine avant de donner la réplique à Michael Douglas dans «Wall Street: L'argent ne dort jamais» d'Oliver Stone, ou à Johnny Depp dans «Public Enemies» réalisé par Michael Mann. «Terminator: Genisys», «La Planète des Singes: L’Affrontement», «Zero Dark Thirty» ou plus récemment «Everest» de Baltasar Kormakur, sont autant de films à succès qui ont fini par l’imposer comme une figure incontournable du cinéma américain. Certains le comparant même à Paul Newman. Rencontre avec un acteur qui aime varier les plaisirs.

- L’Economiste: En tant que juré du festival, comment allez-vous départager les films en compétition?
- Jason Clarke:
En me basant uniquement sur l’histoire. Un film, c’est aussi l’idée d’un metteur en scène ou le jeu des acteurs, mais ce qui prime est l’histoire. Pour qu’il soit réussi, il faut qu’il ait un message, une raison d’être. A Marrakech, il s’agit d’une sélection de films à petits budgets que nous devons départager avec le président du jury Béla Tarr, un homme qui a beaucoup d’intégrité et d’expérience au vu de sa longue et prolifique carrière. Si j’ai particulièrement aimé le long-métrage scandinave «Heartstone» en compétition, je prends plaisir à tous les voir. Je le fais sans idées préconçues et je me laisse aller. Ca fait partie du job. Etre acteur peut être parfois très éreintant mais c’est l’un des meilleurs métiers au monde. J’ai moi-même tourné de bons comme de mauvais films, l’important pour moi étant d’être toujours excellent.     

- Excellent, vous l’avez été dans «Everest» de Baltasar Kormákur. Comment s’est passé le tournage?
- Je n’ai jamais pris autant d'hélicoptères dans ma vie que pour ce film! Le metteur en scène travaille à l’australienne, il va toujours droit au but et a pleinement vécu l’expérience du film. Nous avons tourné à près de 3.000 mètres d’altitude sur l’Himalaya et en plein hiver. Des conditions extrêmes qui auraient pu me coûter quelques doigts, gelés par le froid. Mais ce film a été pour moi une aventure unique. L’essence même de mon métier d’acteur.

- Vous menez votre carrière aux Etats-Unis, et avez tourné «HHhH» sous la direction du français Cédric Jimenez, en salles en 2017. En quoi est-ce différent d’une direction américaine?
- Contrairement aux grosses machines américaines, en tournant ce film dirigé par un Français avec une équipe française, j’ai vécu la vraie passion du cinéma. Tout le monde vivait là son rêve de faire des films.
Dans chaque étape du processus de tournage, l’amour du métier se ressentait au quotidien. Ca peut paraître cliché, mais c’était pourtant bien réel. Mais Hollywood a l’avantage d’attirer toutes les nationalités. Tout le monde, à tort ou à raison, a envie d’y percer, d’y être, et du coup ce mélange de professionnels du cinéma venus des quatre coins de la planète est particulièrement intéressant là-bas.

- Sur quoi travaillez-vous actuellement?
-Je vais tourner avec Helen Mirren dans le thriller «Winchester» des réalisateurs Michael et Peter Spierig. Je me prépare également pour le tournage du film anglais «The aftermath» de James Kent avec Keira Knightley. Accepter de jouer un colonel nazi pendant cette période de guerre avec l’Allemagne dans les années 40 n’a pas été un choix évident. Mais il faut continuer à en parler pour ne rien oublier. Pour m’y préparer, j’ai eu envie de passer du temps aux côtés des membres de l’armée britannique et suivre leur entraînement. J’ai également lu pas mal de livres sur cette période sombre de l’histoire. C’est ma manière à moi de me mettre dans l’esprit du personnage, autant mentalement que physiquement. Vous savez, encore une fois, je ne choisis pas un rôle mais une histoire. Il faut absolument qu’elle me plaise pour que j’accepte de tourner un film. Même si j’adore incarner le héros, une chose est sûre, je ne choisirai jamais un rôle pour l’argent.
Propos recueillis par
Stéphanie Jacob

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc