Economie

Redémarrage de la croissance en 2017

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4912 Le 06/12/2016 | Partager
4,3%, grâce à la reprise agricole et du secteur primaire
L'un des meilleurs résultats de la région Mena
Une analyse du BMI Research, filiale de Fitch Group
croissance_012.jpg

Le soutien continu du gouvernement au secteur manufacturier, les flux d'IDE et de transferts de fonds soutiendront la consommation des entreprises et des ménages. Selon les prévisions du BMI Research (filiale de l'agence de notation Fitch Group), la croissance marocaine s'accélérera à 4,3% en 2017 contre 0,9% en 2016

Une meilleure production agricole et un secteur primaire performant devraient stimuler la croissance marocaine en 2017. Celle-ci va s’accélérer pour atteindre 4,3% l’année prochaine, selon une analyse du BMI Research (filiale de l'agence de notation Fitch Group). «Le Maroc surperformera presque toutes les autres économies de la région Mena au cours des prochains trimestres. Le secteur primaire stimulera considérablement la croissance et la production agricole se redressera après la faible récolte de 2016…», indique Peter Hoflich, Senior Manager, Communications-Asia. Le FMI prévoit lui aussi une croissance autour de 4,4% grâce à la reprise agricole et à une meilleure performance des activités non-agricoles. Elle devrait se stabiliser autour de 4,5% à moyen terme, sur la base de la mise en œuvre des réformes en cours.
La reprise de la production agricole sera l'élément clé de cette dynamique, assurent ainsi les experts de BMI Research. La récolte de 2017 devrait assurer une production nettement supérieure à celle de 2016, à moins que les conditions climatiques ne changent radicalement. Octobre et novembre restent deux mois importants pour la campagne céréalière au Maroc, les précipitations correspondent aux moyennes saisonnières. Une augmentation de 12% de la production agricole est prévue en 2017. En 2016, la production céréalière a plongé de 65% à la suite d'une grave sécheresse. En conséquence, le secteur primaire se serait contracté de 10%.
De son côté, la croissance hors secteur primaire devra accélérer la cadence au cours des prochains trimestres. Le gouvernement continuera d'aller de l'avant avec sa stratégie visant à transformer le pays en un carrefour manufacturier et exportateur entre l'Europe et l'Afrique, attirant avec succès de grands flux d'IDE. La Commission interministérielle des investissements a approuvé, en juin 2016, 2,3 milliards d'euros d'investissements, dont les deux tiers proviennent de l'étranger (un nouveau rendez-vous est prévu pour la mi-décembre 2016). S'appuyant sur de solides résultats, le Maroc a adopté une nouvelle Charte de l’investissement en août dernier. Entre autres mesures, la création d’au moins une zone franche dans toutes les régions marocaines au cours des prochaines années.
Globalement, la stratégie marocaine d'attirer les investissements étrangers pour développer son industrie manufacturière porte ses fruits. En particulier, le pays devient un pôle de production et d'exportation de plus en plus important pour l'industrie automobile. La plupart des exportations marocaines sont actuellement orientées vers l'Union européenne (64% en 2015). Néanmoins, le Maroc se tourne de plus en plus vers l'Afrique subsaharienne pour de nouveaux marchés. Au cours des deux dernières années, le Roi Mohammed VI a multiplié les visites dans les pays subsahariens, avec des hommes d'affaires et des ministres. Le réseau marocain grandissant en Afrique est un facteur important pour de nombreux investisseurs étrangers dans le pays.

Les envois de fonds ne tarissent pas

Les envois de fonds des Marocains résidant à l’étranger continueront de fournir une importante source de revenus aux ménages au cours des prochains trimestres. Avec un total de 7% du PIB en 2015, les entrées de fonds ont augmenté de 4,1% au cours des dix premiers mois de 2016, pour atteindre 53 milliards de dirhams (5 milliards d'euros). Plus des deux tiers des envois de fonds marocains proviennent de pays de la zone euro, en particulier la France, l'Espagne et l'Italie. D’après les prévisions, la zone euro demeurera stable au cours des prochains trimestres (avec un taux de croissance du PIB réel de 1,6% en 2016 et de 1,4% en 2017). Ce qui devrait entraîner des niveaux d'entrées de devises fortes pour les ménages marocains.

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc