Economie

Réformes: Les conseils d’ami du FMI au Maroc

Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4911 Le 05/12/2016 | Partager
Mieux répartir l’effort fiscal
S’attaquer aux problèmes du système éducatif
L’institution recommande l’adoption rapide des statuts de Bank Al-Maghrib

«IL reste beaucoup à faire pour atteindre une croissance plus élevée, soutenable et mieux partagée», lance d’emblée Nicolas Blancher, chef de mission de consultation du Fonds monétaire international (FMI). Pour le fonds, les réformes mises en œuvre ne mettent pas le Maroc à l’abri. Il reste encore un long chemin à parcourir sur le système éducatif, le fonctionnement du marché du travail où le point noir reste le très haut niveau du chômage des jeunes. A cela s’ajoute un recul inquiétant du taux d’activité des femmes.
Sur la fiscalité, le FMI recommande l’élargissement de l’assiette tout en luttant contre la fraude. Il appuie aussi la requête récurrente de la CGEM qui reproche au gouvernement de ne pas lutter contre l’informel.
En 2015, le FMI avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur l’équité fiscale en Afrique du Nord dont le Maroc. L’injustice à l’impôt est l’une des principales causes qui paralysent la croissance de ces pays, relevait le FMI. En parallèle, ces efforts menés permettront d’encourager les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la protection sociale. Sur ce dernier point, le FMI salue la récente réforme du régime de retraite du secteur public ainsi que l’amélioration des finances publiques prévue dans le projet de loi des finances de 2017 avec un déficit de 3% du PIB. Une politique fiscale ficelée permettrait une réduction de la dette. En effet, malgré sa soutenabilité face aux divers chocs, sa réduction accroîtra les marges de manœuvres budgétaires. En plus, la maîtrise des risques liés à la décentralisation budgétaire est fondée sur trois facteurs: une bonne gouvernance, la transparence et la discipline budgétaire  dans les collectivités territoriales.
Le système bancaire est bien capitalisé, et attire peu d’inquiétudes. Le FMI souligne que les risques qui pèsent sur la stabilité financière restent limités. Malgré une augmentation des créances en souffrance, elles demeurent bien provisionnées. A fin juin 2016, plus de 60 milliards de dirhams de créances en souffrance figuraient dans le bilan des banques. Elles sont provisionnées en moyenne à 70% (voir L’Economiste du 30 septembre 2016). En revanche, le Fonds monétaire international s’inquiète sur les risques qui peuvent être engendrés suite à l’expansion des banques marocaines en Afrique. Pour minimiser ce risque, le renforcement du contrôle bancaire ainsi qu’une collaboration transfrontalière sont nécessaires. Le processus est déjà en marche.
Le FMI invite les banques à multiplier leurs efforts afin d’accroître l’accès au crédit, en particulier celui destiné aux petites moyennes entreprises. Le Fonds s’étonne du retard sur le projet de réforme des statuts de Bank Al Maghrib. Il recommande l’adoption rapide de la nouvelle loi portant sur les statuts du régulateur pour renforcer son indépendance et son rôle en matière de stabilité financière.

Avantages d’un système de change flexible

LE chef de mission de consultation du Fonds monétaire international, Nicolas Blancher, soutient l’intention des autorités marocaines d’entamer une transition graduelle vers un régime de taux de change plus flexible. Un tel régime favorisera l’intégration à l’économie mondiale. Il permettra de préserver la compétitivité et de renforcer la capacité d’absorption des chocs extérieurs. Le FMI accompagnera les autorités marocaines pour la finalisation de cette transition.

 

 

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