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Politique

Réintégration de l’UA : Dlamini Zuma joue sa dernière carte?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4910 Le 02/12/2016 | Partager
Des manœuvres pour contrer la consécration du leadership marocain sur le continent
La bataille se jouera également lors de l’élection du prochain président de la Commission
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Nkosazana Dlamini Zuma maintient jusqu’au bout sa politique hostile au Maroc. Après son départ de cette organisation africaine, elle devra se lancer dans la course à la présidence de l’Afrique du Sud. Elle ambitionne de succéder à son ex-époux, Jacob Zuma, dont l’image a été éclaboussée par des affaires de corruption. Il fait face actuellement à un mouvement de fronde, revendiquant sa destitution (Ph. AFP)

Si la décision marocaine de rompre avec la politique de la chaise vide a été favorablement accueillie par de nombreux pays africains, d’autres multiplient les tentatives pour freiner cet élan. C’est dans ce contexte que la diplomatie marocaine a haussé le ton, mercredi dernier, face aux «manœuvres continues de la présidente de la Commission de l’Union africaine».
Nkosazana Dlamini Zuma avait déjà «retardé de manière injustifiée la diffusion de sa demande aux membres de cette Organisation». Aujourd’hui, elle réitère, en «improvisant une nouvelle exigence procédurale, inédite et sans fondement, ni dans les textes, ni dans la pratique».
Dans les faits, elle a rejeté «arbitrairement, les lettres de soutien émanant des ministères des Affaires étrangères des États membres».  Ce qui montre une dualité dans les positions au sein de cette Organisation. «La conversation téléphonique entre le Roi et le président de l’UA a permis de rassurer quant au soutien au processus de réintégration. Mais l’organe administratif, présidé par Dlamini Zuma, semble vouloir ralentir ce processus», souligne Mohamed Amrani Boukhobza, professeur de sciences politiques à l’Université Abdelmalek Saâdi à Tanger. Au-delà des questions de procédures, le retour du Maroc à l’UA est à analyser sous l’angle de la bataille pour le leadership au niveau du continent. L’élan marocain en Afrique pousse vers une redistribution des cartes dans le jeu d’équilibre des forces au niveau régional. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigéria et le Kenya exercent une grande influence sur les orientations de l’UA. Le retour du Maroc constitue une véritable menace pour ces pays. Ils craignent que la dynamique de coopération lancée par le Maroc ne mette fin à cette mainmise sur les affaires africaines. De son côté, Dlamini Zuma, connue pour ses positions hostiles envers le Maroc, «ne veut pas que son mandat soit marqué par un retour triomphal du Royaume», a estimé Amrani Boukhobza. Dans cette configuration, la présidente de la Commission semble jouer ses dernières cartes. Son mandat à la tête de cet organe prendra fin dans quelques semaines. Le nouveau président sera élu en janvier 2017. Là aussi, une bataille d’influence s’annonce. Les adversaires du Maroc manœuvrent pour placer un successeur qui maintient la même ligne de conduite. Plusieurs noms circulent pour prendre le relais à la tête de la Commission de l’UA.
La ministre kényane Amina Mohamed, bénéficierait du soutien de l’Algérie et du Nigéria. En face, la candidature du sénégalais Abdoulaye Bathily n’est pas vue d’un bon œil par Alger. Les responsables du voisin de l’Est craignent que le futur président ne soit pas acquis à leurs thèses. De son côté, Dlamini Zuma est déjà pressentie comme potentielle successeur de Jacob Zuma, à la tête de l’Afrique du Sud. Ce dernier faisant l’objet actuellement d’un grand mouvement de fronde.

 

 

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