Economie

Défense commerciale : Cette thérapie sans les effets désirés sur l’acier

Par Safall FALL | Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
Une 2e année de sauvegarde pour le fer à béton et le fil machine
Mais les maux persistent: Sonasid, leader du secteur, encore dans le rouge
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Paradoxe: Riva Industrie est l’un des nouveaux entrants dans un marché déjà en surcapacité (Ph. Meki Holding)

C’est parti pour une énième année de sauvegarde pour la sidérurgie nationale. Les autorités du Commerce extérieur viennent d’arrêter les quotas d’importation de fil machine et de fer à béton, exemptés du droit additionnel prévu par la mesure de sauvegarde appliquée à ces deux produits. Les volumes s’établissent à 133.000 tonnes pour le fil machine et 80.000 pour le fer à béton. En dehors de ces contingents, les importateurs devront faire avec une imposition ad-valorem de 0,55 DH/kg, systématiquement appliquée aux volumes en provenance des marchés étrangers. Reconduite fin 2015 après une première période de sauvegarde (2012-2015) pour une durée de trois ans, cette politique est évidemment censée protéger les intérêts de  la sidérurgie locale, avec en tête Sonasid. La société détient 56% et 100% des parts de marché respectivement sur le rond à béton et le fil machine. Le rapport du département du Commerce extérieur avait en effet déterminé des liens de cause à effet entre la hausse des importations et la dégradation des performances commerciales et opérationnelles de la filière nationale. Sauf que jusqu’au jour d’aujourd’hui, le champion national peine encore à voir le bout du tunnel. A fin juin dernier, Sonasid affichait un chiffre d’affaires en baisse de 26% par rapport à la même période sur l’exercice 2015, atteignant 1,5 milliard de DH. Quelques semaines plus tôt, le sidérurgiste avertissait déjà le marché sur ses performances financières en publiant un énième profit warning. Les explications avancées dans la note de l’entreprise n’établissaient – ou du moins de manière évidente – aucun rapport direct avec la hausse exceptionnelle des importations qui a mené à l’instauration de la sauvegarde. L’on parle plutôt de «performances financières affectées par un marché national en surcapacité, une faiblesse de croissance de la demande et une forte volatilité des prix de la ferraille et de la billette», ses principales matières premières. «Une telle conjoncture a conduit à une nette dégradation des prix et à un important mouvement de déstockage en juin», relève-t-on dans le même document. «Ce sont là des facteurs endogènes, qui nous laissent perplexes sur la pertinence de cette mesure de sauvegarde dont bénéficie l’industrie locale», défend, de son côté, un des plus gros importateurs de rond à béton du  Royaume. Ce dernier fait aussi allusion à un «défaut de qualité» de l’offre sidérurgique locale et critique les prix appliqués par les différents industriels du marché. En attendant, le leader Sonasid travaille depuis plusieurs mois déjà sur le chantier d’amélioration de sa compétitivité globale. Cela passe, par exemple, par une nouvelle politique de distribution basée sur les canaux directs, et la baisse des coûts de production de son aciérie et ses deux laminoirs.

 

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