Analyse

Valorisation des déchets ménagers : Le tri sélectif 2.0 fait ses premiers pas

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4909 Le 01/12/2016 | Partager
Des start-up investissent le créneau et lancent des applications pour le tri et la collecte
Kilimanjaro Environnement et M3KOD butent sur la partie logistique
La prise de conscience actuellement circonscrite à Casablanca et Rabat
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L’Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre a pu, en 2 ans, sensibiliser plus de 300.000 élèves, 10.000 familles, 47 associations, et ainsi, éliminer plus de 67 points noirs, sur l’ensemble des 22 villes concernées (Ph. privée)

Cette filière est promise à un développement important, surtout que tous les éléments clefs de la chaîne sont là. La société civile est très active sur cette question, aussi bien au niveau de la sensibilisation que la réalisation d’opérations de tri au niveau des quartiers. Le projet de coproduction de la propreté sur le tri sélectif à l’amont, développé par l’Association des enseignants des sciences de la vie et de la terre (AESVT), est arrivé à des résultats probants après deux années d’activité. «Aujourd’hui, nous sommes arrivés à sensibiliser plus de 300.000 élèves, 10.000 familles, 47 associations, et ainsi, éliminer plus de 67 points noirs, sur l’ensemble des 22 villes concernées. Quant au système de tri et de valorisation, nous avons pu l’instaurer au niveau de quelques quartiers à 100%. A travers cette expérience on peut dire aujourd’hui qu’il est possible d’instaurer le tri à la source à l’échelle nationale», affirme Houria Houry, chef de projet à l’AESVT.

L’opération de tri à la source se développe surtout avec l’engagement d’entreprises comme Kilimanjaro Environnement qui a commencé en 2008 la collecte à la source des huiles usagées.
Après le secteur hôtelier et les restaurants, en septembre 2014, Kilimanjaro Environnement a lancé pour la première fois au Maroc la collecte des huiles alimentaires auprès des ménages. Initié d’abord à Casablanca, Khouribga, Ben Guerir et El Jadida sur un échantillon cible de 35.000 foyers, ce projet vise à être généralisé à l’échelle nationale sur une portée de 5 ans, permettant ainsi la création de plus de 1.800 emplois directs et la valorisation de 86.400 tonnes estimées de déchets. «Depuis six mois, nous avons développé une application mobile appelée Eko Geste Dari et qui permet de sensibiliser à l’impact des déchets ménagers, de connaître la nature des déchets et savoir les trier.
Cette application permet à n’importe quel moment de commander le passage de l’un des agents de collecte directement au domicile», note Sheryn Ziani responsable marketing et Communication à Kilimanjaro Environnement. Pour l’instant cette application fonctionne chez une centaine de foyers à Casablanca, avec l’ambition d’élargir le champ de déploiement.
En mettant au point ce système de tri sélectif, en gardant les huiles usagées comme principal corps de métier, Kilimanjaro multiplie son offre et répond surtout à la demande de ses clients pour trier d’autres produits comme le carton, le plastique et le verre.
La start-up M3KOD s’est lancée dans cette activité. L’option de tri à la source offerte par l’application mobile Ville Propre développée par la start-up, permet à l’utilisateur, citoyens ou entreprises, de faire des demandes des sacs des couleurs différentes selon la matière.
L’utilisateur remplit un formulaire via l’application, l’équipe Ville propre transmet le message à la société de recyclage partenaire dans la ville. Par la suite la société remet les sacs à l’utilisateur et les récupère après l’opération de tri. Afin d’encourager la participation, à chaque remplissage de sac, l’utilisateur gagne un nombre de points et donc des cadeaux. Trois mois après le lancement officiel de ce service chez Ville Propre, seules Casablanca et Rabat semblent actives et enregistrent la majorité des demandes. Ceci aussi grâce à la présence de nombreuses associations actives dans le domaine de sensibilisation à la préservation de l’environnement. Ceci prouve en tout cas la volonté citoyenne de contribuer à diminuer les aspects de pollution de leurs quartiers et réduire l’impact sur l’environnement. Le principal obstacle pour le développement de cette filière à ce jour reste la partie logistique pour collecter les déchets une fois triés. «Nous avons besoin de partenaires comme les sociétés de recyclage pour développer cette activité de tri à la source, car ce n’est pas le corps de notre métier», affirme Mouhsin Bour Qaiba, CEO de M3KOD.
Une option qui reste ouverte pour le développement de TPE ou de collecteurs ambulants spécialisés dans la collecte de déchets triés pour les acheminer vers les entreprises de recyclage.

Une seule entreprise sur les batteries usagées

Pour ce qui est de la filière recyclage de batteries usagées, quelques actions sont en cours comme la mise en œuvre du circuit de collecte depuis les magasins de vente des pièces de rechange et les électriciens jusqu’à l’unité de valorisation, et ce dans la zone de Sidi Bernoussi à Casablanca. Cette action est amenée à se généraliser sur les autres préfectures de Casablanca ainsi que les autres villes du Maroc.
Actuellement la société Afrique Câbles, la seule qui a obtenu l’autorisation par le ministère de l’Environnement pour le traitement des déchets dangereux, est la seule entreprise qui opère sur ce créneau.

 

 

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