International

Un référendum à haut risque pour Matteo Renzi

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4908 Le 30/11/2016 | Partager
Le projet de réforme du Sénat tourne à un vote sur la politique gouvernementale
Les Italiens votent dimanche 4 décembre
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Matteo Renzi est un ardent défenseur de la réforme constitutionnelle censée simplifier le système politique du pays. Il y a quelques jours, il avait exclu de prendre la tête d’un gouvernement «technique», qui serait essentiellement chargé de réformer la loi visant à élire les députés, avant des élections anticipées (Ph. AFP)

A quelques jours du référendum constitutionnel,  Matteo Renzi s’efforce de rassurer sur l’issue de ce scrutin qui entretient l’incertitude sur l’avenir politique du président du Conseil italien. Les résultats sont d’ailleurs attendus par les partenaires européens et maghrébins de l’Italie. Si le non l’emporte dimanche 4 décembre, «il y aura toujours (le lendemain) un gouvernement, qu’il soit politique, technique, super-technique ou super-politique», a assuré Renzi. Il n’a pas précisé devant la presse s’il entendait démissionner ou rester à son poste en cas de victoire du non. «Je ne suis pas de ceux qui s’accrochent à leur fauteuil», a-t-il toutefois déclaré un peu plus tard.
La réforme constitutionnelle que doit valider, ou invalider, le référendum de dimanche prochain vise à apporter plus de stabilité politique dans un pays qui a connu 60 gouvernements depuis 1946 et à accélérer le processus législatif en réduisant fortement les pouvoirs du Sénat. Elle prévoit, entre autres, que seule la Chambre des députés voterait la confiance au gouvernement et la majorité des lois, une infime partie étant aussi de la compétence du Sénat. Selon les derniers sondages publiés il y a une semaine, la loi italienne interdisant leur publication dans les 15 jours qui précèdent un scrutin, le non l’emportait avec plusieurs points d’écart mais le nombre d’indécis était très élevé. Notons que ce scrutin s’est transformé en un vote de confiance envers le chef du gouvernement arrivé au pouvoir début 2014. Le Premier ministre italien vient d’ailleurs de présenter les chiffres de la loi de finances 2017 que la Chambre des députés vient d’adopter. Cette loi, qui confirme une baisse des impôts et des ressources supplémentaires pour la santé, les PME ou la reconstruction après les trois séismes ayant frappé le centre du pays, doit encore être votée par le Sénat.
Sur le monde de la finance, le référendum constitutionnel génère une certaine instabilité qui affecte déjà les taux d’emprunt de l’Etat. Elle pourrait encore s’accentuer en cas de victoire du non, au risque de compliquer davantage la situation de certaines banques. Interrogé sur l’incertitude régnant sur les marchés, le ministre des Finances, Pier Carlo Padoan, a souligné que cette «incertitude était normale». Les banques italiennes sont depuis des mois dans le collimateur des marchés financiers, en raison de l’énorme masse de leurs créances douteuses (quelque 360 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur).

 

 

 

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