Economie

Commerce mondial: Le challenge africain

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4905 Le 25/11/2016 | Partager
Un marché d’un milliard de personnes et une classe moyenne en croissance
La 11e Conférence des Organismes de promotion du commerce fait une place de choix au continent
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Plus de 150 représentants du Réseau mondial des Organismes de promotion du commerce et de l’investissement -dont 50 représentants d’Afrique- prennent part à cet évènement où l’Afrique est au cœur des débats.  Aux premiers rangs, Arancha Gonzalez, directrice exécutive du Centre international de commerce, le ministre marocain Mamoun Bouhdoud et Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export (Ph. Mokhtari)

Malgré la crise économique qui affecte les économies, le commerce international entre l’Afrique et le reste du monde s’accélère. Le continent offre un marché d’un milliard de personnes et une classe moyenne en croissance. Cela veut dire des revenus plus élevés qui vont engendrer une consommation de produits et services en constante évolution. Les entreprises d’Afrique et d’ailleurs doivent se préparer à saisir cette opportunité en développant des stratégies d’affaires adaptées. Et les Organismes africains de promotion du commerce et de l’investissement (OPCI) joueront à l’avenir un rôle important pour exploiter ces opportunités.  Ce n’est donc pas pour rien que la 11e Conférence mondiale du Réseau des Organismes de promotion du commerce, qui  poursuit ses travaux à Marrakech, fait une place de choix au continent africain. «C’est une opportunité pour créer un socle africain et créer un réseau pour échanger les informations et expertises. Les discussions tourneront autour du challenge que les Etats auront à relever, notamment pour le climat. A l’avenir, le commerce doit en effet tenir compte de la contrainte environnementale», souligne Mamoun Bouhdoud, ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique. Organisée par Maroc Export, en partenariat avec le Centre de commerce international (CCI), cette conférence, placée sous le thème de l’avenir de la promotion du commerce et des investissements, explore les tendances qui façonnent le paysage économique et social et qui représente le défi des Organismes de promotion du commerce et de l’investissement. Plus de 150 représentants du réseau mondial des Organismes de promotion du commerce et de l’investissement -dont 50 représentants d’Afrique- prennent part à cet évenement. Objectif: permettre aux PME, dans leurs pays respectifs, d’accéder plus facilement à de nouveaux marchés et à développer plus d’affaires. Le Centre du commerce international veut accroître la compétitivité et les exportations des petites et moyennes entreprises. Des producteurs d’épices aux entrepreneuses les plus innovantes. Pour sa directrice exécutive Arancha Gonzalez,  les procédures douanières fastidieuses et administratives sont les premiers freins que rencontrent les PME.  «Elles gênent autant les opérateurs économiques nationaux que les firmes étrangères».  Le Centre pousse au dialogue entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de traiter tous ces obstacles, et d’en démanteler les plus encombrants.
Si les perspectives d’avenir en Afrique sont énormes, l’intégration de ses PME et TPE dans l’économie mondiale n’est pas encore visible. Celle-ci exige de l’Afrique qu’elle regarde en premier lieu vers l’intérieur, en créant des chaînes de valeur régionales efficaces, les acteurs économiques africains pourraient devenir concurrentiels et intégrer les chaînes de valeur mondiales. «Sous peu, c’est le monde qui cherchera l’Afrique», souligne Dr Mukhisha Kituyi, secrétaire général de la Conférence des Nations-unies sur le commerce et le développement.  En attendant, le réseautage pourrait permettre aux OPCI africains de proposer une offre plus compétitive. Pour Zahra Maafiri, directrice de Maroc Export, il est temps d’aller vers un «made in Africa» et une plus grande intégration régionale.  Autre challenge qui attend les OPCI, la transformation numérique qui redéfinit leur rôle. Bras armés des Etats, les Organismes de promotion du commerce font face à des problèmes très spécifiques: on attend qu’ils fournissent des avantages publics tout en se comportant comme des entreprises privées. On leur demande de produire des rapports spécifiques détaillés sur leur impact tout en ayant un contrôle direct très limité sur le résultat final vers lequel ils tendent: accroître les exportations. Le commerce électronique et les autres solutions en ligne leur ouvrent la porte pour améliorer leur performance et offrent aussi de nouvelles perspectives aux PME pour surmonter les obstacles liés à la promotion du commerce et de l’investissement. Un double défi que les organismes doivent relever!

Exposition virtuelle

Un des challenges qui attendent les Etats est  la digitalisation du commerce à travers des platesformes dématérialisées. Et pour justement donner l’exemple, la conférence de Marrakech a organisé une exposition virtuelle intitulée «Made in Africa» au profit de 13 membres du Réseau des Organismes de promotion du commerce du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Gabon, de la Guinée, du Mali , du Maroc, du Sénégal et de la République-Unie de Tanzanie.

 

 

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