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Politique

Afrique : Quel effet du soft-power marocain?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4904 Le 24/11/2016 | Partager
La diplomatie religieuse favorise la formalisation d’une doctrine pour contrer les thèses extrémistes
Les pays du continent, prioritaires dans la diplomatie climatique marocaine
Rabat, partenaire incontournable au développement africain
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Le Roi, Commandeur des croyants, a favorisé l’implémentation d’une véritable diplomatie religieuse, faisant du Maroc une plateforme de dialogue, prêchant la modération et le respect des croyances (Ph. MAP)

Le  repositionnement du Maroc en tant que véritable puissance régionale est lié à l’apport concret dans différents domaines. Depuis quelques années, Rabat est considéré comme un partenaire au développement des pays de la région. Le discours royal d’Abidjan, appelant l’Afrique à se prendre en charge, s’inscrit dans cette logique d’émancipation du continent. Les partenariats développés par le Maroc sont basés sur une logique win-win. Cela concerne plusieurs domaines, dont le développement humain, l’investissement dans des secteurs porteurs, le renforcement du réseau des infrastructures… S’y ajoute la coopération sécuritaire, visant l’endiguement de la menace terroriste. Désormais, le Maroc est devenu un acteur incontournable au niveau régional. Cela, en dépit de la paralysie de l’Union du Maghreb arabe, créée dans l'ambition d’en faire un véritable bloc régional. Aujourd’hui, différents observateurs continuent de déplorer «le coût élevé du non-Maghreb». D’où l’importance du renforcement des liens avec les autres pays du continent. Dans cette stratégie de «reconquête» de l’Afrique, Rabat mise également sur l’impact du soft-power. Cela concerne notamment «la diplomatie spirituelle, qui s’est davantage renforcée, dans un contexte international marqué par la prolifération des courants extrémistes violents», selon le rapport stratégique de l’IRES. Actuellement, l’Institut Mohammed VI de formation des imams forme les prédicateurs de plusieurs pays, dont la Tunisie, le Mali, la Guinée, la Côte d’Ivoire… La création de la Fondation Mohammed VI des oulémas d’Afrique s’inscrit également dans cette logique, faisant du Maroc une plateforme de dialogue et d’échange culturel, prêchant la modération et le respect des opinions et des croyances. Cette action de la diplomatie spirituelle ou religieuse est appelée à se renforcer davantage. Surtout que plusieurs pays sollicitent l’expertise marocaine dans ce domaine. D’où l’appel de l’IRES à «formaliser une doctrine, permettant de contrer le discours radical des mouvements extrémistes, particulièrement en direction des jeunes». L’idée est d’en faire un «cadre référentiel» dans la lutte internationale contre l’endoctrinement et le recrutement des terroristes.
Au-delà des risques jihadistes, le Maroc est également impliqué dans la lutte contre d’autres menaces globales, dont l’Afrique est l’une des principales victimes. Les efforts menés lors de la COP22 en vue d’inscrire en tête des priorités internationales la mobilisation en faveur des pays africains s’inscrivent dans cette logique. Le Souverain a concrétisé cette orientation à travers l’organisation du 1er Sommet africain de l’action en faveur d’une co-émergence continentale. Il s’agit de l’un des chantiers qui vont remettre le Maroc sur le chemin de la coopération avec l’Union africaine. Les chefs d’Etat du continent ont invité le Roi à «œuvrer pour la mise en œuvre de la déclaration de ce Sommet, en relation avec le président de l’UA, notamment au niveau de la coordination et du suivi des initiatives prioritaires, ainsi que de la mobilisation des partenaires bilatéraux ou multilatéraux». Bien avant la tenue de la COP22, Rabat a fait de l’accompagnement des pays africains dans le domaine de lutte contre les changements climatiques une des actions prioritaires. Surtout que ces Etats, frappés de plein fouet par les effets du réchauffement, avaient des difficultés à présenter des dossiers bancables, afin de profiter des financements internationaux destinés à ce type d’actions. La diplomatie climatique du Maroc en faveur des pays africains a été marquée par un grand dynamisme les dernières années.

ONG, le grand absent

Face à la dynamique initiée par le Roi, ainsi que la mobilisation des opérateurs privés, les ONG restent le grand absent de la politique africaine du Maroc. Une véritable perte, au moment où la plupart des Etats associent ces acteurs non-étatiques au service de leurs intérêts stratégiques. Sur ce dossier, l’IRES propose de «favoriser une appropriation effective par la société civile des enjeux des grands dossiers». Ce qui permettra une meilleure implication des associations dans l’effort de promotion de l’image du pays à l’international. Ces ONG sont appelées à opérer dans le cadre de réseaux, afin d’optimiser les actions et mutualiser les moyens, pour une plus grande efficience. Pour l’instant, la mobilisation des associations marocaines reste limitée à la participation à des forums ou à des sommets internationaux, avec de faibles retombées en termes de promotion de l’image du pays ou de renforcement de la compréhension des réalités marocaines par les ONG d’autres Etats africains.

 

 

 

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