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Politique

Afrique : Comment le Maroc a préparé son retour à l’UA

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4904 Le 24/11/2016 | Partager
Rabat n’a jamais coupé les ponts avec les pays africains
Plus de 600 accords et liens institutionnels avec les communautés régionales
Nouvelle approche pour renforcer la présence en Afrique de l’Est et australe

Le retour officiel du Maroc à l’Union africaine n’est plus qu’une question de temps. La demande, déposée en septembre dernier auprès de cette instance, dispose de suffisamment d’appui pour qu’elle soit entérinée avant son prochain sommet. L’annonce de la réintégration de cette Organisation panafricaine a constitué l’aboutissement d’un processus de «reconquête» du continent. En dépit de la sortie de son ancêtre, l’OUA, Rabat n’a jamais coupé les ponts avec les Etats africains. En témoignent les visites royales dans la région, le nombre de conventions signées, ayant dépassé 600 accords avec plus de 40 pays, depuis le début des années 2000, en plus de l’importante implantation des opérateurs marocains dans ces pays. Au-delà des relations bilatérales, le Maroc a développé d’autres liens institutionnels avec le reste du continent. Par exemple, Rabat est membre depuis 2001 de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), ainsi que de la Conférence des pays africains riverains de l’Atlantique, visant le renforcement de la coopération sécuritaire et économique. Le Maroc est aussi membre observateur depuis 2005 de la Cedeao et a engagé, dès 2000, des négociations pour l’établissement d’un accord commercial et d’investissement préférentiel avec l’UEMOA. L’actuelle tournée royale dans les pays de l’Afrique de l’Ouest s’inscrit dans la continuité de cette politique africaine du Maroc, basée sur une approche intégrée. L’idée est de «s’impliquer davantage dans la résolution des grandes problématiques régionales», comme l’a rappelé Youssef Amrani, chargé de mission au cabinet royal, lors du Doha Forum, organisé cette semaine au Qatar. La stratégie de renforcement de la présence africaine du Maroc est basée sur une vision claire, dont les contours ont été dessinés dans les discours du Souverain. En 2010, le discours du Trône indiquait que «le Maroc continuera de mettre en œuvre une politique africaine cohérente, au service du développement humain et de la consolidation de la sécurité régionale». Deux aspects de coopération qui constituent le fil conducteur de la politique continentale du Royaume. Au-delà des dossiers liés à l’intégrité territoriale, la diplomatie marocaine en Afrique vise aussi «la concrétisation du positionnement du Maroc en tant que hub régional dans différents domaines. Cela concerne l’économie, les finances, le transport, l’éducation, la recherche scientifique, en plus du développement des investissements marocains en Afrique et leur sécurisation», selon le rapport annuel de l’Institut royal des études stratégiques. Dans cette configuration, Rabat pourrait tirer profit de cette position pour «participer à l’édification de chaînes de valeur entre l’Afrique et l’Europe et approfondir la coopération triangulaire dans les secteurs socioéconomiques, à fort impact sur le développement», peut-on lire dans ce document.
Aujourd’hui, au-delà des pays de l’Afrique de l’Ouest, alliés traditionnels, le Maroc s’ouvre sur d’autres parties du continent, notamment en Afrique de l’Est et australe. C’est dans cette logique que s’inscrit l’actuelle visite royale, notamment en Ethiopie et au Madagascar. Cette nouvelle dynamique nécessite «la mise en place d’une nouvelle approche de coopération, adaptée aux spécificités de cette zone», selon l’IRES.

Favoriser une meilleure connaissance mutuelle

Le rapport stratégique de l’IRES offre des pistes pour favoriser une meilleure présence du Maroc en Afrique de l’Est et australe, qui constitue désormais une priorité de la politique africaine. Ce document insiste sur l’importance de «cibler des partenaires devant constituer des clés d’entrée dans ces deux régions, d’élargir le champ des intérêts économiques entre les opérateurs et d’insérer les efforts de coopération dans un cadre multilatéral». Actuellement, le projet de plateforme de production d’engrais, dont la convention a été signée par l’OCP lors de la visite royale en Ethopie, constitue un véritable levier pour renforcer les liens avec les pays de la région. Le rapport de l’IRES a aussi mis l’accent sur la nécessité de se «doter d’une politique de communication appropriée, pour combler le déficit d’information sur le Maroc, tout en mobilisant les acteurs de la société civile, pour renforcer la compréhension mutuelle». Les pays de cette région étaient durant des décennies plus sensibles à la propagande des Etats connus pour leur hostilité au Maroc.

 

 

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