Evénement

Thon rouge, espadon: Le Maroc obtient une hausse de son quota de pêche

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4903 Le 23/11/2016 | Partager
Une décision de la 20e session de la commission de conservation des thonidés
Marquage, géolocalisation, interdiction des filets maillants dérivants…
Les mesures prises pour rationaliser la gestion de la ressource
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En 2016, les exportations de thon rouge ont généré des recettes en devises de 197 millions contre 60 millions de DH pour les ventes à l’étranger de l’espadon. (Ph. A.E )

A partir de janvier 2017, l’espadon (au centre de l’incident d’Al Hoceïma. Voir L’Economiste du 09/11/2016) fera l’objet d’une protection contre la surpêche. C’est l’une des principales recommandations émises par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) à l’issue de sa 20e session annuelle au Portugal, qui aura duré du 14 au 21 novembre.  La commission est une structure intergouvernementale, regroupant une cinquantaine de pays et relevant de la FAO. Ces décisions sont contraignantes pour tous les membres. A défaut, les produits de la pêche des pays réfractaires seront boycottés à l’export.  Pour le Royaume, l’enjeu est de taille: défendre ses acquis et éviter une réduction de ses quotas et de son effort de pêche. «Le bilan est plutôt positif», estime Zakia Driouich, secrétaire générale du ministère de la Pêche maritime. Ainsi, pour le thon rouge, il a pu obtenir un quota de 2.100 tonnes pour 2017. Ce qui constitue une victoire pour la délégation car l’UE voulait que ce volume de capture soit calculé sur la base des captures de 2016. Cela risquait de porter préjudice au Maroc, qui a réussi à imposer une répartition basée sur la moyenne des dernières années. Depuis 2006, le Royaume a pleinement adhéré aux dispositions des plans de gestion pluriannuels du stock de thon rouge. Plus de 35.500 pièces de thon rouge ont été remises à l’eau car le Maroc avait déjà atteint son quota.
Par ailleurs, Rabat contribue aux programmes de marquage du thon rouge et assure la traçabilité des navires ciblant cette espèce ainsi que les bateaux de plus de 15 m de long en les équipant du dispositif de géolocalisation VMS, sans oublier l’utilisation d’un système d’enregistrement vidéo des opérations de transfert et de mise en cage de caméras stéréoscopiques. A cela s’ajoutent également l’entrée en vigueur en 2016 d’une plateforme électronique de déclaration et le suivi des captures de thon rouge pour tous les segments de pêche. Le Maroc a débloqué 350 millions de DH pour éliminer les filets maillants dérivés au profit de 250 barques, dont 40 millions pour la formation de reconversion des marins pêcheurs.
En 2016, l’espadon a fait l’objet d’une évaluation du comité scientifique en même temps que le germon de l’Atlantique du Nord et l’albacore. Le Comité a conclu que le stock d’espadon était surexploité. L’ICCAT a estimé qu’il est temps d’en recadrer les captures en limitant pour la première fois l’effort de pêche.
L’espadon avait défrayé la chronique judiciaire dans le cadre de l’affaire Mohcine Fikri, décédé en essayant d’empêcher la saisie d’un chargement illicite de cette variété de poisson. Une espèce victime de surpêche, même en période d’arrêt biologique.
La pêche à l’espadon constitue une activité vivrière. L’intention de l’ICCAT de limiter l’effort de pêche ainsi que le volume des captures. Ce qui se serait traduit par l’immobilisation de plusieurs centaines de barques et la perte de milliers d’emplois.
C’est la raison pour laquelle la délégation marocaine a milité pour obtenir un quota conséquent. Celui-ci a été fixé à 950 tonnes pour 2017, dont une centaine cédée par le Japon. Ce total autorisé de capture (TAC) ne concerne que l’Atlantique. Ce qui veut dire que la pêche de l’espadon reste libre en Méditerranée pour peu que les opérateurs respectent deux périodes de repos biologique: du 15 février au 15 mars et du 1er octobre au 30 novembre. Mais il faudra encore batailler l’année prochaine pour que les quotas soient maintenus à leur niveau actuel. L’objectif étant de préserver les emplois.

Peut-on en finir avec les barques clandestines?

Les déplacements des barques feront bientôt l’objet d’une traçabilité par le ministère de tutelle. «Le département est en train de travailler avec la Confédération de la pêche artisanale sur la structuration de ce segment. Ainsi, le RFID, qui est un système d’identification avec des puces électroniques, mettra définitivement un terme à l’existence frauduleuse de plusieurs barques avec un même numéro d’immatriculation», explique Zakia Driouich, secrétaire général du ministère de la Pêche maritime. Un appel d’offres a été lancé. Le ministère vient d’identifier l’appareillage adéquat pour la géolocalisation des barques au même titre que les navires de la pêche côtière et hauturière, qui sont suivis par satellite. Le projet est actuellement à l’étude.

 

 

 

 

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