Analyse

«Il est toujours possible de faire plus»

Par Safall FALL | Edition N°:4902 Le 22/11/2016 | Partager
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Aziz Mekouar, ambassadeur pour la négociation multilatérale, membre du Comité de pilotage COP22 (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Au lendemain du Sommet mondial sur le climat de Marrakech, avez-vous l’impression d’une mission réussie?
- Aziz Mekouar
: Absolument. Cela a été un succès du point de vue négociations. Beaucoup de choses ont été décidées y compris l’établissement des règles, procédures et modalités pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ce Sommet a été aussi remarquable du point de vue mobilisation. Vous avez remarqué la participation importante des pays émergents, en particulier, qui était nécessaire au lancement de la procédure de mise en application de cet accord. Nous avons aussi constaté la mobilisation active de tous les acteurs non-étatiques, secteur privé et société civile, ainsi que toutes les initiatives qui ont été lancées à Marrakech.

- Une partie de la société civile se dit pourtant restée sur sa faim…
- Il est toujours possible de faire plus. Mais je pense que nous sommes sur une bonne lancée. Vous savez, sur la question du climat, il faut toujours marquer plus d’ambitions parce qu’il y a urgence et un vrai péril dans la demeure. Il faut le plus d’ambitions possible et je pense qu’avec la Proclamation de Marrakech, il faut que le monde entier se mobilise pour y arriver.
- La présidence marocaine ne fait que démarrer. Quelle est sa prochaine priorité?
- Nous allons essayer, pendant la présidence marocaine, de rentrer dans des choses plus concrètes et d’avancer.  Il s’agira concrètement de continuer à mobiliser les finances et les technologies climato-compatibles et de faciliter les renforcements des capacités. Nous avons par exemple lancé cette initiative maroco-allemande extrêmement importante qui s’appelle les NDC Partnership, à laquelle d’autres pays se sont joints, et qui va beaucoup aider à l’application de l’Accord de Paris dans la mesure où elle soutiendra les pays en développement à concrétiser leur NDC.

- Je suppose qu’il faudra aussi poursuivre l’effort diplomatique pour faire ratifier le maximum de pays…
- Ils vont déjà très vite. Nous en sommes aujourd’hui à 112 pays à avoir ratifié ce document et je suis sûr que, d’ici l’année prochaine, nous en serons sans doute à une écrasante majorité des Etats.

- Dont la Russie, par exemple, qui tarde à faire le pas...?
- Vous savez, les pays ont des procédures légales et administratives dont les degrés de réactivité diffèrent d’un Etat à un autre. Pour tous ceux qui sont parvenus à ratifier l’Accord à ce jour, c’est parce que leurs processus leur ont permis cela. Mais je suis optimiste sur le fait que d’ici la fin d’année, une bonne partie des Etats qui n’ont pas encore ratifié l’Accord le feront. D’ailleurs, dans la Proclamation de Marrakech, nous invitons tous les pays à accélérer les ratifications. Cette COP reste le premier sommet de son genre parce qu’il y a une mobilisation de tout le monde, des Etats qui négocient aux acteurs non-étatiques.
Propos recueillis par Safall FALL

 

 

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