Evénement

Climat: La voix de l’Afrique

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
Le Roi du Maroc initie le 1er sommet du continent pour l’action
Agir par ses propres moyens et harmoniser les actes, les recommandations
Mobiliser les financements publics et les fonds souverains, les engagements
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 C’est d’une voix unie que l’Afrique souhaite désormais parler pour lutter contre les aléas climatiques. Photo de famille des 30 chefs d’Etat africains réunis à l’initiative du Souverain pour le 1er sommet africain de l’Action (Ph. Bziouat)

C’est désormais d’une seule voix que l’Afrique veut parler pour mobiliser les moyens nécessaires à une justice climatique. Le 1er sommet Africain de l’Action organisé à l’initiative du Souverain du Maroc en marge de la COP22 et auquel une trentaine de chefs d’Etats africains participaient a tracé une véritable feuille de route pour  l’Afrique. Le continent qui subit de plein fouet les aléas climatiques dont il n’est pas responsable et à qui de fait, on ne peut imposer les mêmes contraintes face à ses moyens limités.  «D’abord, il y a, entre le Nord et le Sud, une disparité de cultures en matière d’environnement, elle a trait aux priorités et aux moyens. Faut-il rappeler que le temps de la colonisation est révolu, qu’une décision imposée ne peut être productive?», souligne le Roi du Maroc. «L’Afrique se doit d’harmoniser les actes de lutte pour renforcer sa résilience, tout comme elle se doit de construire son propre modèle de développement inclusif et durable», appelle le Souverain. Il faut donc pour le continent agir par soi-même et associer les partenaires qui ont un rôle crucial à jouer dans l’effort collectif africain.
Pour le président français François Hollande, le succès de l’accord de Paris dépend de l’Afrique. Historiquement, le continent n’a pas été assez priorisé dans la mobilisation internationale autour des changements climatiques, souffrant d’un manque de financement considérable. Pourtant, le continent est particulièrement vulnérable aux changements climatiques et les conséquences de ces derniers peuvent être désastreuses aussi bien pour la sécurité alimentaire que la sécurité politique. 75 à 250 millions d’Africains seront exposés à un stress hydrique accru d’ici 2020 et six des dix pays les plus touchés au monde sont Africains et plus de 65% de la population africaine est déjà affectée par les effets du changement climatique. L’urgence climatique pour l’agriculture d’Afrique est d’autant plus importante que majoritairement de subsistance, le secteur emploie 60% de la main d’œuvre africaine. «Les rendements agricoles de notre continent pourraient donc baisser de 20% à l’horizon 2050, au moment même où notre population aura doublé».
Pour l’heure, l’adaptation aux chocs climatiques reste largement sous-financée et les négociations de la COP22 butent justement à ce propos et des différends subsistent entre pays développés et plus pauvres. Un retard pourrait miner la confiance et stopper la dynamique estiment des négociateurs.Le Maroc qui assure désormais la présidence de la COP a inscrit le financement comme priorité. Les pays signataires de l’accord de Paris se sont engagés pour la mobilisation de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. Au-delà de cette enveloppe, la présidence marocaine souhaite  mobiliser des financements publics, à la diversification des montages financiers, et à la facilitation de l’accès aux fonds consacrés au climat. Elle va œuvrer aussi à l’implication des fonds souverains pour développer les infrastructures vertes en Afrique.  À noter que si plusieurs pays ont d’ores et déjà annoncé les montants des financements et investissements destinés au climat lors de la COP22, la liste des projets à financer ne sera pas dévoilée avant la réunion des chefs d’Etat africains à Addis-Abeba lors du prochain Sommet de l’Union africaine, a souligné Paul Kagamé, président du Rwanda.

 

 

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