COP22

Le tout environnement de l’OCP

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4897 Le 14/11/2016 | Partager
Une stratégie globale initiée il y a 20 ans par le groupe phosphatier
Les projets touchent l’ensemble de la chaîne de valeur
mohamed_soual_097.jpg

Pour Mohamed Soual, Chief Economist OCP et responsable de l’organisation de la contribution du groupe à la COP22, il existe deux manières de faire: soit, subir les contraintes et corriger les conséquences, soit intégrer ces contraintes en amont dans la stratégie de développement industrielle. Et c’est pour cette stratégie que le groupe a opté (Ph. Mokhtari)

Réhabilitation des mines, efficacité énergétique, pipeline…Le Groupe OCP a mis en place une stratégie tout environnement depuis plus de 20 ans. Ces projets touchent l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’exploitation à la transformation en passant par le transport. Au-delà du processus industriel, ils constituent également un levier de développement en matière de renforcement des capacités locales des territoires et des populations. Retour sur cette stratégie avec Mohamed Soual, Chief Economist OCP et responsable de l’organisation de la contribution d’OCP à la COP22...
- L’Economiste: Les entreprises sont engagées à 100% pour la question de l’environnement, le patronat en tête avec un statut d’observateur dans cette négociation dans le business dialogue. Qu’attendent concrètement les entreprises de cette COP?
- Mohamed Soual:
Je crois que la question climatique interpelle tout le monde et on ne peut qu’être fier de la capacité de notre pays à organiser un événement de cette envergure. Les entreprises attendent sérieusement que les décisions prises à Paris se transforment en actions concrètes de l’adaptation. L’Afrique, notamment a besoin de traiter ses sols pauvres, gérer correctement la question de l’eau via des infrastructures d’irrigation et ce, même dans les régions qui ne sont pas touchées par la sécheresse.

- Votre groupe a pris à bras le corps la question climatique avec une stratégie environnementale et ce, au moment où l’environnement n’était pas encore inscrit parmi les priorités…
- Il existe deux manières de faire: soit, subir les contraintes et corriger les conséquences des actions au fur et à mesure, soit intégrer ces contraintes en amont dans la stratégie de développement industrielle et les actes managériaux et c’est pour cette stratégie que le groupe a opté. Le projet le plus parlant est le transport du phosphate qui se faisait par chemin de fer. On devait sécher ce phosphate en amont puis le ré-humidifier en aval. Une perte de temps, des émissions de gaz à effet de serre. Le pipeline permet de transporter cette pulpe de phosphate de Khouribga à Jorf Lasfar qui est directement injectée en usine. Aujourd’hui, on économise grâce à cette technologie un million de tonnes d’équivalent de CO2 et 3 millions de m3 d’eau et on divise par 8 le coût du transport.

- Justement, il est question d’un nouveau pipeline Où. en êtes-vous?
- Chaque chose en son temps. Dans une première étape, nous allons déménager les installations de Safi vers le nouveau port de Safi à 20 km. Et puis, il faudra bien que le pipeline arrive à ces nouvelles installations.  Il y a aussi notre 4e usine qui démarrera en 2017 et qui aura une capacité de production d’un million de tonnes d’engrais à Jorf Lasfar. Il s’agit là des fruits de la stratégie de développement industrielle du groupe qui a démarré en 2010 et qui permettra de doter OCP d’une capacité de production de 12 millions de tonnes d’engrais phosphatés, ce qui en fera le premier producteur mondial d’engrais phosphatés.

- Vous allez vers une énergie à bas carbone et vous ambitionnez de satisfaire vos besoins en cogénération d’énergie à 95%. A quel horizon?
- Tout à fait. En 2020, 95% des besoins en électricité du Groupe seront satisfaits à partir de la cogénération et de l’éolien. Nos process industriels nous permettent de produire de l’électricité en récupérant les vapeurs d’eau et notre programme d’investissement massif nos aidera à augmenter cette production d’électricité d’autant plus que la loi nous permet désormais de transporter les excédents de nos usines de transformation valorisation vers la mine qui consomme un peu plus de 20% de l’énergie consommée par OCP.

- L’extraction minière n’est pas forcément en adéquation avec le développement durable? Que deviennent les mines une fois les gisements totalement exploités?
- Chaque planification d’extraction minière intègre la future réhabilitation des terrains miniers concernés. L’objectif est de minimiser l’impact des activités du Groupe dans ses bassins d’exploitation tout en insufflant une dynamique de développement durable dans la région au profit des riverains. L’ancienne mine de Khouribga atteste de l’intérêt de cette démarche: la végétation a réinvesti les lieux grâce au programme «Mine Verte» qui participe à l’urbanisation éco-responsable et la réhabilitation des terrains miniers qui concerne aujourd’hui 3.410 hectares avec des câpriers, caroubiers et autres arbres forestiers tels l’arganier ou l’olivier à faibles besoins en eau. 600 hectares sont programmés chaque année pour les plantations.o
Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc