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Competences & rh

L’OFPPT échappe au déficit de profs

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4888 Le 01/11/2016 | Partager
Près de 3.700 formateurs seront embauchés afin d’accompagner la stratégie 2021
Avec un budget confortable, l’Office est confiant quant à leur recrutement
De grandes ambitions pour les 5 prochaines années
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L’exécution de l’ambitieuse stratégie 2021 de la formation professionnelle nécessitera un budget de plus de 19,7 milliards de DH. La moitié de ce montant sera assurée par la taxe de la formation professionnelle. Le coût moyen par stagiaire est estimé à 7.902 DH par an

Contrairement aux facultés et grandes écoles publiques qui souffrent d’un déficit criant en enseignants, l’OFPPT, lui, affirme disposer des effectifs qu’il faut. Grâce à son budget confortable (plus de 3,4 milliards de DH, dont 60% issus de la taxe de la formation professionnelle), l’Office peut s’offrir les formateurs dont il a besoin, y compris des vacataires, soigneusement sélectionnés (un minimum de 5 ans d’expérience). Ces professionnels représentent plus de 27% de son corps enseignant qui compte 7.914 formateurs pour 501.000 places pédagogiques. Les effectifs par classe varient entre 28 et 30. Dans certaines spécialités, ils ne dépassent pas 20 stagiaires.
En vue d’accompagner sa stratégie 2021, présentée en 2015 et dont le contrat-programme avec l’Etat a été validé le 5 octobre 2016, l’Office prévoit d’embaucher 3.697 formateurs. Quelque 2.168 d’entre eux remplaceront des départs à la retraite. Et il ne se fait pas de souci quant à leur recrutement. «Nous les trouverons, car nous proposons un statut attrayant. Notre  plus bas salaire, celui d’un chaouech, est de 5.000 DH nets. Les formateurs échelle 10 démarrent avec 9.000 DH. Certains touchent plus de 20.000 DH. Sans compter le 13e mois et les primes de rendement qui peuvent aller jusqu’à 200%», précise son DG, Larbi Bencheikh. Néanmoins, l’OFPPT, à l’instar de tous les établissements d’enseignement, a du mal à dénicher des formateurs francophones ou maîtrisant plusieurs langues. «Nous sommes obligés de leur dispenser des cours de français», confie Bencheikh. Au niveau des matières techniques, les profils ne manquent pas. En revanche, concernant l’enseignement des langues, c’est une autre paire de manches.
Afin d’accompagner ses RH, l’Office a mis en place une dizaine de centres de développement des compétences (CDC). Dix nouveaux CDC seront créés durant les 5 prochaines années.
Comme à son accoutumée, l’OFPPT, dont la part de marchés, public et privé confondus, est de 90% (356 établissements, 304 métiers), affiche de grandes ambitions pour sa stratégie 2021. Larbi Bencheikh en a exposé les grands axes jeudi dernier à Casablanca, lors d’une conférence organisée par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.
De 2001 à 2015, l’organisme a formé plus de 1,4 million de jeunes. Entre 2015 et 2021, il envisage d’en diplômer plus de 2 millions, avec une moyenne de 300.000 par an. Il créera également 24 établissements chaque année, contre une moyenne de 11 auparavant, soit environ 120 à terme, dans l’ensemble des régions. Sa capacité d’accueil passera ainsi de 501.000 places à 668.500 en 2021.
L’Office montra, en outre, en cadence en matière de places dédiées au baccalauréat professionnel (150.836 contre 32.700 actuellement).
«Notre objectif est d’accompagner les secteurs stratégiques du Maroc», souligne Larbi Bencheikh. Le bras formation du gouvernement assurera la plus grosse part des besoins des différents secteurs concernés par le Plan national d’accélération industrielle. Au niveau de l’automobile, par exemple, sur un besoin global de 56.500 profils, l’organisme en formera 93%. Sur les 100.000 du textile, il en assura 92%, contre 66% sur les 123.000 diplômés du tourisme-hôtellerie à l’horizon 2020.
La feuille de route couvre plusieurs autres chantiers, dont l’extension de l’offre consacrée à la réinsertion des détenus, la multiplication des espaces de formation mobiles en faveur des populations reculées, la création d’internats, l’ouverture de nouveaux guichets destinés à la création d’entreprises…
Pour l’heure, l’OFPPT produit uniquement des techniciens, dont le taux d’insertion moyen dans le marché du travail est de 72%. Il n’a cessé de revendiquer la possibilité de former du middle management (bac+3 et bac+4). Mais sa requête est restée lettre morte.

Formation alternée: Les PME boudent le système

L’OFPPT mise sur la formation par alternance, partagée entre les cours théoriques et la pratique en entreprise, pour faire monter rapidement ses stagiaires en compétence. Grâce à ce système, les diplômés sont immédiatement opérationnels. En 2015-2016, environ 74.000 stagiaires en ont profité. D’ici 2021, l’Office espère monter à 163.500. Cependant, les entreprises, notamment les PME, n’y adhèrent que timidement. En vue de les encourager à s’y investir, l’organisme est en train de négocier des incitations fiscales avec le ministère des Finances.

 

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