Société

L’Everest dans le viseur de l’alpiniste Bouchra Baibanou

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4884 Le 26/10/2016 | Partager
Une campagne de crowdfunding pour financer son aventure
Après avoir fait cinq des plus hauts sommets du monde, elle se lance un nouveau défi
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A 6.965 mètres d’altitude sur l’Aconcagua, le plus haut sommet de l’Amérique du Sud, Bouchra Baibanou a porté fièrement le drapeau marocain (Ph. Bouchra Baibanou)

Elle l’a rêvé, l’a visualisé et a travaillé dur pour s’y préparer. Maintenant son heure est arrivée. Pour Bouchra Baibanou, il s’agit du seul et unique Everest, le toit du monde, et elle compte le gravir le printemps prochain. Et si son entreprise réussit, elle deviendra ainsi la première femme marocaine à effectuer l’ascension de l’Everest. Une consécration d’un travail qui a duré plusieurs années et qui démontre encore une fois que la femme marocaine s’illustre parfaitement dans les sports de l’extrême. L’alpiniste marocaine qui a relevé en 2011 le challenge de faire les 7 plus hauts sommets du monde dans les 5 continents, est aujourd’hui déterminée plus que jamais à affronter l’Everest du haut de ses 8.848 mètres. Bouchra Baibanou avait annoncé son objectif de faire l’Everest lors de sa décoration royale pendant la fête de la jeunesse en 2015.
L’objectif avait besoin de temps pour prendre forme et se concrétiser. L’alpiniste et ingénieur marocaine vient ainsi de lancer sa première campagne de Crowdfunding sur la plateforme GoFundMe pour financer son ascension. Une étape cruciale pour lever des fonds car pour faire l’Everest, c’est un budget qui peut aller de 400.000 à 700.000 DH. «Les tentatives de décrocher le sponsoring n’ont pas donné de résultats jusqu’à maintenant. Le crowdfunding permettra donc de lever au moins une partie des fonds nécessaires pour couvrir les frais de l’ascension de l’Everest», assure Bouchra Baibanou. Les frais incluent l’obtention de l’autorisation pour faire le sommet, obligatoire pour tout étranger pour faire un des hauts sommets du Népal, le guide de montagne, les sherpas qui sont les locaux népalais porteurs et qui préparent les itinéraires, l’équipement ainsi que le séjour au niveau de la base d’acclimatation. En effet, il est nécessaire de passer par les préparatifs de l’ascension de l’Everest, incluant des périodes d’acclimatation à l’altitude, ponctuées par plusieurs montées de quelques jours à plusieurs niveaux d’altitude. Les challengers de l’Everest passent ainsi un à deux mois pour s’acclimater, en attendant la «fenêtre du beau temps», expression qui désigne la période propice pour faire l’escalade ultime au sommet. Or, le corps humain n’est pas fait pour fonctionner dans de telles altitudes.
Le dépassement des limites physiques et surtout mentales est crucial. Une préparation marathonienne est nécessaire pour être en forme pour l’ascension de l’Everest. A la différence d’autres sports, l’alpinisme nécessite une bonne maîtrise de la respiration pour parer au manque de l’oxygène et à l’effort physique exceptionnel à fournir en altitude. Bouchra fait du sport quotidiennement pour rester au top de sa forme: musculation, natation, jogging mais aussi Yoga et méditation pour garder la tête bien sur les épaules. Pour ce faire, l’athlète marocaine doit faire ses entraînements souvent dans une altitude qui tourne autour de 4000 m, au Maroc et à l’étranger.
Pour ceux qui ont regardé le dernier long métrage «Everest» du réalisateur islandais Baltasar Kormakur, retraçant l’histoire de deux expéditions vers le sommet du monde, ça se passe exactement comme l’a si bien décrit le réalisateur. On a tendance à penser que faire l’Everest est réalisable avec juste de l’entraînement et de la pratique des sports de la montagne. Faux! Car bien qu’aujourd’hui le matériel et les équipements aient évolué et les conditions de sécurité soient plus maîtrisées, la préparation mentale est déterminante pour la réussite et peut faire la différence. Bouchra en sait quelque chose. La détermination, la persévérance, le dépassement de soi et parfois le sacrifice, sont des valeurs importantes pour la challenger. Pour la challenger marocaine, il n’y a pas d’échec, il n’y a que des expériences, bonnes ou mauvaises, des leçons à retenir. «Mon objectif est d’inspirer d’autres personnes pour vivre leurs rêves, aussi grands qu’ils soient, et de démontrer qu’on peut surmonter tous les obstacles avec la détermination», conclut Bouchra Baibanou.

«A chacun son Everest!»

Sur son tableau de chasse, Bouchra Baibanou a cumulé cinq des plus hauts sommets du monde: le Kilimanjaro (5.895 m), le plus haut sommet en Afrique, Elbrus (5.642 m), le plus haut sommet de l’Europe, Aconcagua (6.965 m), le plus haut sommet de l’Amérique du Sud, Denali (6.154 m), le plus haut sommet de l’Amérique du Nord, et enfin Carstensz (4.884 m) le plus haut sommet de l’Océanie. Son prochain voyage sera vers le Népal fin octobre. Objectif: passer 20 jours en phase d’acclimatation à une altitude de plus de 6.500 m au niveau de la montagne Taboche et «faire connaissance» pour la première fois avec l’Everest qui est visible à partir du sommet de la montagne népalaise.

 

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