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Entrepreneuriat social
Ashoka s’implante au Maroc

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4883 Le 25/10/2016 | Partager
Le réseau mondial de social business souhaite couvrir le Maghreb depuis Casablanca
Pour ensuite attaquer le lancement de sa nouvelle stratégie africaine
Un sommet panafricain en 2017, une base de données du secteur et des clusters en projet

Faire du business responsable et à fort impact social, un business innovant qui change la vie des communautés. C’est le principe fondateur de l’entrepreneuriat social. Ces dernières années, sous l’impulsion de plusieurs ONG (Enactus, Injaz, Endeavor,…), le concept se répand au Maroc, avec une nouvelle génération d’entrepreneurs à la fibre sociale aiguisée. «Le Maroc abrite l’écosystème le plus développé de la région, avec une réelle dynamique qui montre que c’est possible d’aller de l’avant», relève Muriel Gavila, directrice développement international d’Ashoka, l’un des plus grands réseaux mondiaux d’entrepreneuriat social. «C’est la raison pour laquelle nous avons choisi le Maroc pour lancer notre nouvelle stratégie africaine», explique-t-elle. Ashoka est en train de préparer la création de son hub Maroc, après ceux d’Afrique du Sud, Kenya, Nigeria, Sénégal et Egypte. Des pourparlers sont en cours pour des partenariats avec des acteurs locaux, dont la fondation OCP et la CGEM. L’antenne marocaine, dont le bureau sera basé à Casablanca et qui démarrera officiellement en 2017, devra couvrir tout le Maghreb. Elle sera aussi «le point d’orgue» de la nouvelle stratégie panafricaine du réseau mondial, ambitionnant de tripler le nombre de membres (fellows) africains (environ 500 aujourd’hui) sur les dix prochaines années. La stratégie, soutenue, entre autres, par l’Agence française de développement (AFD), s’articule autour de trois axes. Le premier, et ce sera une première mondiale du réseau, concerne la création d’une plateforme de l’innovation sociale. Elle comprendra un annuaire de 1.000 entrepreneurs sociaux africains répertoriés par Ashoka, et un centre de ressources associées, rassemblant tout ce qui se passe dans le domaine par secteur d’activité. Cela permettra aussi de faciliter la connexion des entrepreneurs avec des fonds d’investissement, ONG, fondations et médias. Le deuxième axe prévoit le lancement d’un sommet panafricain de l’innovation sociale. La première édition aura lieu en octobre 2017 au Maroc (le lieu n’a pas encore été décidé). Au moins 300 entrepreneurs sociaux du continent y seront réunis. Enfin, la stratégie envisage d’initier six clusters orientés vers six thématiques prioritaires: éducation & jeunesse, santé & bien-être, environnement & énergie, agriculture & nutrition, migration & mobilité et entrepreneuriat féminin.     
Forte de ses 3.300 fellows dans le monde et de son network de partenaires (Total, Schneider, Sanofi, CFAO,…), l’ONG internationale, présente dans 85 pays (35 ans d’existence), souhaite passer à une étape supérieure dans l’accompagnement des leaders du social business en Afrique. «Les grands groupes veulent avoir accès à l’innovation et à de nouveaux marchés. Tandis que les entrepreneurs sociaux souhaitent s’allier à ces groupes pour générer plus d’impact», souligne Muriel Gavila. Au Maroc, cette culture reste encore à développer.

Trois membres marocains

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Pour l’heure, seuls trois Marocains sont des fellows de Ashoka. De gauche à droite: le fondateur de Injaz Al Maghrib, M’hammed Abbad Andaloussi, la présidente de Solidarité féminine, Aïcha Ech-Chenna, et Tarik Nesh-Nash, président de Gov-Right, une start-up sociale visant à renforcer les liens entre citoyens et gouvernement.
Ashoka n’intègre que les vrais leaders de l’innovation sociale, porteurs de valeurs fortes et rêvant de changer leur environnement. Les candidatures font l’objet de recherches minutieuses sur les profils et études poussées de leurs projets, accompagnées d’une série d’interviews. Le processus dure entre 6 et 12 mois. L’ONG accompagne près de 150 fellows par an. Ces derniers ont droit à une bourse de 70.000 dollars sur 3 ans, leur permettant de se consacrer à leur projet social. Ils ont également droit à un mentoring destiné à les aider à affiner leur business model et à structurer leurs actions, à un networking avec des bailleurs de fonds, ainsi qu’à un accompagnement à vie.

Un taux de survie de 94%

Les entreprises sociales accompagnées par le réseau Ashoka atteignent des records de longévité. D’après l’ONG, dix ans après leur entrée dans son réseau, 94% existent toujours et continuent de s’agrandir. Mieux encore, 96% ont vu leurs idées dupliquées ou ont influencé des organisations internationales, telles que le FAO et l’ONU. Nombreux sont aussi ceux qui arrivent à changer la législation de leur pays. A l’instar d’Unis-Cité, qui a réussi à introduire le service civique en France, ou encore de Simplon.co, qui a vu son modèle d’écoles gratuites de coding reconnu par les pouvoirs publics.

 

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