Politique

Gouvernement: Les Istiqlaliens disent oui

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4882 Le 24/10/2016 | Partager
Un choix dicté par le «souci de préservation des intérêts de la nation»
Chabat annonce la rupture avec le PAM
Benkirane avoue l’échec dans des secteurs stratégiques comme l’enseignement, l’emploi et la justice
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Après plusieurs mois de bataille à couteaux tirés, Abdelilah Benkirane et Hamid Chabat ont opté pour la réconciliation. L’Istiqlal est le premier à officialiser son entrée au gouvernement dont il sera l’une des principales composantes  (Ph. Bziouat)

C’est officiel, l’Istiqlal sera l’une des principales composantes du prochain gouvernement. La décision, qui était prévue, après les déclarations de Hamid Chabat à la suite de sa rencontre avec Abdelilah Benkirane, a été entérinée lors de la réunion du Conseil national du parti de la balance, tenue samedi dernier à Rabat. Benkirane, qui intervenait le même jour devant les membres du Conseil national du PJD à Salé, n’a pas attendu le vote des Istiqlaliens pour annoncer que le parti de Chabat a tranché sa position, autant que le PPS. Cela, contrairement à «d’autres formations n’étant pas prêtes à démarrer les négociations avant la semaine prochaine», selon le patron du PJD, faisant allusion au RNI, qui tiendra son congrès extraordinaire le 29 octobre.
Après des mois de batailles à couteaux tirés, Chabat et Benkirane ont opté pour la réconciliation. L’entrée au gouvernement, approuvée par le Conseil national, présidé par Taoufiq Hejira, est justifiée par la volonté de «barrer la route aux forces hégémoniques, dans un souci de préservation des intérêts de la nation», selon la direction du PI. Chabat et Benkirane n’ont pas raté l’occasion de lancer des piques contre le PAM, sans toutefois le nommer. Le divorce entre l’Istiqlal et le PAM est bel et bien consommé, après plusieurs mois d’entente lors de la législature précédente. Le patron du parti de la balance a considéré que «les motifs de la coordination avec certaines formations de l’opposition ne sont plus valables». Il préfère s’allier aux «partis nationaux démocratiques». Ceux-ci seraient, selon Chabat, victimes de «la polarisation imposée, visant la marginalisation de ces forces nationalistes». Il a aussi estimé que «le débat ayant précédé le scrutin a appuyé cette marche forcée vers la polarisation, créant ainsi une confusion». Résultat: «une grande partie des votes a été guidée par des considérations idéologiques, qui ne prennent pas en considération le bilan du gouvernement, ni l’efficience des politiques publiques», a martelé Chabat. D’où la nécessité, selon lui, de mener une «auto-critique, afin de pouvoir récupérer la masse électorale de l’Istiqlal». Les dirigeants de cette formation veulent adopter «une nouvelle stratégie, en phase avec les transformations de la société, notamment pour se repositionner dans les grandes villes». L’Istiqlal et le PJD se sont également accordés à rappeler, chacun selon sa propre vision, leur «attachement au référentiel islamique». Le parti de la balance y a fait allusion selon une «logique réformiste», dans la continuité de la pensée développée par le fondateur du parti Allal El Fassi. De son côté, Abdelilah Benkirane y voit un «système de valeur, basé sur la probité et la transparence». Si le PJD continue d’entretenir l’ambiguïté sur son idéologie islamiste et ses relations avec le MUR, il semble néanmoins franchir un pas dans le processus de sécularisation de son action politique. C’est ce qui ressort d’une déclaration de son secrétaire général, considérée comme une petite révolution dans les positions de cette formation. Il a insisté sur «l’interdiction de s’immiscer dans la vie privée des citoyens», dans une tentative de montrer patte blanche face aux craintes d’une grande partie de la population. Il a même avancé que «toute personne qui respecte ces principes est dans notre camp, quelle que soit sa religion».
Au-delà des positions idéologiques, Benkirane a concédé que le prochain gouvernement est attendu sur plusieurs dossiers, où «beaucoup de choses restent à faire, particulièrement dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la justice, de l’emploi et de l’informel». Ce qui semble un aveu implicite de l’échec de l’équipe sortante.

Ministrables

Le Conseil national du PJD, présidé par Saad Dine El Otmani, devait également se pencher sur l’examen de la procédure de désignation des ministres du parti, qui a subi des amendements introduits par le secrétariat général. Elle a été au préalable approuvée par la Commission des statuts. Elle détermine les modalités de choix des profils des ministrables par des représentants du Conseil national. Les noms proposés seront soumis au secrétariat général qui a le dernier mot en termes de définition de la liste des ministres Pjdistes.

 

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