Economie

Accord de Paris: La vraie négociation démarre à Marrakech

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4881 Le 21/10/2016 | Partager
Un marathon de 5 ans pour clarifier les grands enjeux
L’objectif de limiter la hausse des températures à 2% est hypothétique
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La COP22, prévue à Marrakech du 7 au 18 novembre constituera la première étape d’un nouveau marathon pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Le panel des experts du Groupe d’études et de recherche sur les énergies renouvelables et l’environnement a relevé les points forts de la convention mais aussi les insuffisances (Ph. Khalifa)

Comment rendre crédible et opérationnel le contenu de l’Accord de Paris sur le climat? C’est la grande question à laquelle s’est attelée la table ronde organisée par le Groupe d’études et de recherche sur les énergies renouvelables et l’environnement, en association avec la CGEM et L’Economiste. Un débat animé, pour l’essentiel par  des experts et scientifiques, tous relevant du GERERE.
Pour les experts, l’accord vise trois objectifs relatifs au réchauffement global, à la résilience aux impacts du changement climatique et au financement. Mais ne précise pas comment les atteindre. La communauté internationale dispose de 5 ans pour négocier les véritables enjeux. Et la Cop22, prévue à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain, constitue la première étape de ce nouveau marathon. Dès lors, le Maroc a un rôle capital pour orienter les négociations dans le bon sens et leur impulser le rythme requis. Les points forts de l’Accord résident dans la reconnaissance de l’origine humaine du changement climatique et sa menace immédiate et irréversible. Seulement, l’objectif de limiter la hausse du réchauffement climatique en dessous de 2% reste hypothétique, conviennent les scientifiques. Mais si rien n’est fait, le risque de dépasser les 4% n’est pas écarté non plus. L’Accord  a aussi reçu l’appui de 150 chefs d’Etat et de gouvernement dès le début des négociations. Ce qui est un gage de sa mise en œuvre. Toutefois, la grande faille, tient au fait que les déclarations relatives aux contributions nationales en termes de réduction des émissions, des adaptations aux effets extrêmes et de la mobilisation des moyens financiers, ne sont pas contraignantes. C’est ce qui a d’ailleurs permis au président des Etats-Unis de ratifier l’Accord sans passer par le Congrès américain.
Quant aux 100 milliards de dollars à mobiliser à partir de 2020, tous les pays sont concernés à l’exception des plus pauvres et des Etats insulaires, car très exposés aux effets extrêmes du changement climatique. Ce qui laisse la porte grande ouverte à certains mécanismes, notamment le crédit carbone. Or, l’option de promouvoir l’économie verte s’avère incontournable. Une dynamique dans laquelle la CGEM devrait s’insérer. Pour le patronat, «le choix est séduisant mais sur le terrain cela suppose des investissements à consentir, avec à la clé une éventuelle perte de compétitivité». Pour que les Etats atténuent les émissions des gaz à effet de serre, les entreprises doivent subir un coût d’adaptation sinon changer de métier.
Selon le patronat, l’adaptation du tissu économique suppose le bénéfice d’aides financières pour réaliser l’évolution technologique et donc l’accès aux financements du Fonds vert mais aussi d’incitations fiscales à l’investissement dans les solutions innovantes.

 

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