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Economie

Le climat est-il un droit humain?

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4881 Le 21/10/2016 | Partager
Réfléchir à une éthique du climat
Des regards croisés entre visions africaines, européennes, américaines…
Une initiative de l’Académie du Royaume du Maroc
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Des élus, des personnes dans une démarche spirituelle, des scientifiques ou  philosophes, des artistes ou des représentants d’organisations internationales des droits de l’homme, comme ici Driss El Yazami, président du CNDH, étaient au rendez-vous lancé par l’Académie du Royaume du Maroc. Objectif: trouver un langage commun pour un nouveau récit universaliste (Ph. Mokhtari)

Un moment de respiration. Trois jours pour prendre le temps d’expliquer ses pensées et de les confronter. L’homme, s’il est responsable de ses interrelations avec les autres, l’est-il aussi de ce qu’il y a autour de lui? En amont de la COP22, l’Académie du Royaume du Maroc a organisé une rencontre de haut niveau, qui donnera lieu à une déclaration déclinant les modalités du principe de responsabilité climatique, soumise aux participants de la conférence de novembre. Un ouvrage grand public sera également publié reprenant les idées fortes de cet événement. Des élus, des personnes qui sont dans une démarche spirituelle, des scientifiques, sciences dures ou humaines, des philosophes, des représentants d’organisations internationales des droits de l’homme, des artistes… une vraie dynamique s’est opérée. Des regards croisés entre visions africaines, européennes, américaines… Partant du constat que le climat n’est pas le problème d’un seul pays, cette crise climatique ne pourra être dépassée sans reconsidérer les fonctionnements des sociétés. Sans être ensemble. L’accent a ainsi été mis sur des concepts comme ceux d’un nouveau régime climatique et d’anthropocène, ce terme forgé pour dire que l’humanité agit comme force principale de transformation géologique. Car, jusque-là, les grands récits historiques sur le progrès et le développement humain n’ont pas intégré la Terre à laquelle pourtant nous appartenons. Est-ce par défaut de dialogue entre les cultures, notamment lorsqu’il s’agit de se construire en lien avec la nature, et de reconnaissance de l’importance des civilisations où les écosystèmes étaient fondamentaux? Le développement des activités de l’industrie extractiviste affectant le climat témoigne d’une totale irresponsabilité à l’égard des populations les plus vulnérables créant de graves dysfonctionnements démocratiques. Spécialiste en droit de l’environnement, Laurent Neyret nous rappelle que «tous les trafics liés à l’environnement rapportent annuellement 250 milliards de dollars. Un trafic qui se place ainsi au 4e rang de la criminalité». Ajoutant que «cet argent finance les groupes terroristes et donc menace la paix». Le droit de demain devra donc voir se renforcer la coordination entre Etats, une meilleure prévention et plus de répression. Car le diagnostic actuel montre un droit éclaté et souple. Alors le président du réseau Euromed des droits de l’homme, Michel Tubiana, propose que «cette crise économique soit l’occasion de remettre à plat nos systèmes de fonctionnement. Inclure et accepter la diversité et la multiplicité des chemins vers un but commun. Et bannir le repli, quelle qu’en soit l’explication».
La question de la connaissance et de la science est alors soulevée par Rahma Bourquia, membre de l’Académie du Royaume du Maroc. «Son renforcement est inévitable. Toute action a besoin de réflexion, qui provient elle-même de la connaissance. Dans notre temps actuel de religiosité fermée, où la peur de perdre son identité est grandissante, d’enfermement dans des réseaux… notre universalité est en crise». Alors cette confrontation d’idées et de savoirs entre humains de tous horizons permet de contrer l’envie de certains d’aller vivre en «théorie», même si ça a l’air bien.

Un succès collectif qui a valeur d’exemple

L’homme peut-il revenir aux grands équilibres naturels de la Terre? Mohammed Besri, professeur à l’Institut agronomique Hassan II, soulève l’exemple du succès du protocole de Montréal, adopté en 1987. «Cet accord international a permis d’éliminer 98% des substances appauvrissant la couche d’ozone. La victoire de l’intelligence humaine». La destruction de la couche d’ozone ayant comme conséquences des maladies comme la cataracte, le cancer de la peau ou le vieillissement prématuré. Comme quoi, les perturbations de l’environnement par l’humain ne sont pas irréversibles.

 

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