Analyse

Renouvellement des élites
Les stéréotypes ont la peau dure

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4875 Le 13/10/2016 | Partager
Seuls trois partis ont réussi à faire élire des femmes dans les circonscriptions locales
Le PAM renforce ses effectifs avec 26 nouvelles élues
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Le renforcement de la représentativité féminine à la Chambre des représentants est essentiellement le résultat de la mise en place du système de quota, à travers la liste nationale, ayant permis de passer de 11% en 2002 à 17% en 2011. Cette année, la part des femmes devra dépasser ce taux, vu l’entrée d’une dizaine d’élues issues des circonscriptions locales. 

Le renouvellement des élites est devenu un concept galvaudé tellement il est repris en boucle par les dirigeants des partis politiques à chaque rendez-vous électoral. Mais loin de constituer une orientation claire, assimilée et appropriée par ces formations, il reste souvent un slogan creux, dont l’effectivité est démentie par les listes des candidats présentés lors du scrutin. Les dernières élections du 7 octobre n’ont pas dérogé à cette règle. Seuls quelques partis ont pris le risque de miser sur des candidatures féminines dans les circonscriptions locales. Résultat: seules 10 femmes ont pu remporter des sièges au niveau local. C’est le PAM qui semble être le champion de la féminisation de la Chambre des représentants. Avec 5 élues, le parti du tracteur a fait mieux que les autres, avec une représentativité féminine équilibrée, comportant des valeurs sûres comme Fatima Zahra Mansouri et Asmae Chaâbi, ainsi que des jeunes comme Amal Boukir, étudiante chercheuse, qui a obtenu son siège à la circonscription de Larache face à Mohamed Hamdaoui, ex-patron du PAM. A cela s’ajoute Ouiam El Mharchi, la plus jeune parlementaire, âgée de 22 ans. La fille du parlementaire pamiste Larbi El Mharchi, a été élue à Ouazzane. Le PJD a également renforcé son équipe par des profils féminins, élus au niveau local. Mais il s’agit surtout de politiques aguerries, comme Nezha El Ouafi ou Amina Maelainine. Les autres formations n’ont pas réussi à faire élire des femmes dans les circonscriptions locales, à l’exception du RNI, qui a préservé son siège à Guelmim, grâce à Mbarka Bouaida. Finalement, seuls trois partis semblent croire réellement en l’importance de l’implication des femmes dans la course électorale. La plupart d’entre eux se contentent du minimum légal. La persistance de l’esprit machiste semble mettre des bâtons dans les roues de la quête de la parité au niveau parlementaire. D’où l’importance du quota instauré en vertu du principe de la discrimination politique. C’est dans cette logique que l’ONU-Femmes avait appelé, au cours de cette année, à maintenir ce système, indispensable pour favoriser le renforcement de la représentativité féminine au Parlement. Cette année, même la partie réservée aux jeunes a été ouverte aux candidatures des femmes. Là encore, le PAM s’est illustré en réservant la quasi-totalité de cette liste à de jeunes femmes. Résultat: en plus des 5 députées élues dans le local, le groupe parlementaire du parti du tracteur sera renforcé par 21 nouvelles élues, issues de la liste nationale. Le PPS figurait aussi parmi les défenseurs de la parité, en plaçant des profils féminins en alternance avec des hommes dans la liste des jeunes. Mais avec seulement 5 sièges dans la liste nationale, l’apport du parti en termes de féminisation de la 1re Chambre reste limité. La plupart des autres formations se sont contentés des élues issues de la partie dédiée aux femmes, sans faire l’effort de placer d’autres candidatures féminines dans la partie réservée aux jeunes.

 

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