Habillage_leco
Législatives 2016

Dans le Nord, les positions se confirment

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4872 Le 10/10/2016 | Partager
A Tanger, le PJD qui conserve son hégémonie est désormais talonné par le PAM
L'inverse se produit à Tétouan, où le PAM dépasse le PJD d'un siège
Grosse claque pour le RNI à Tanger

Les élections du 7 octobre dernier ont permis de confirmer la carte politique qui s’est mise en place depuis 2011, dans le Nord. A Tanger, le PJD remporte le même nombre de sièges (4) que lors des dernières législatives, et surtout confirme sa place de première force politique représentative de la ville, après avoir gagné en 2015 les 4 arrondissements et la mairie. La tête de liste Mohamed Najib Boulif, l’une des figures du parti de la lampe et actuel ministre, s'est révélé une valeur sûre dans la circonscription de Tanger-Assilah et avoir collaboré avec Samir Abdelmoula, ex-maire pamiste, ne l'a pas désarçonné. Au contraire, le nombre de votants a nettement augmenté, passant de 43.000 à plus de 60.000 voix recueillies.
Sur la région, le Parti authenticité et modernité occupe aussi une grande partie de l'arène politique. Sa tête de liste, Fouad El Omari, ancien maire de Tanger, est l’un des ténors du parti dans le Nord. Il a réussi à doubler son score et à passer d’un seul représentant parlementaire à deux en l’espace de cinq ans. Le scrutin proportionnel au plus fort reste a permis par contre de sauver le représentant de l’Union constitutionnelle, Mohamed Zemmouri, qui permet au parti du cheval de retrouver un siège au Parlement pour Tanger, perdu lors des élections de 2011.
En revanche, le plus grand perdant de ces élections à Tanger a été le RNI, dont pourtant la ville était le fief. Le parti de la colombe devra lui aussi se résigner à traverser une législature sans représentant parlementaire pour Tanger, une première depuis 2002.
A Tétouan, le PAM a assuré une bonne prestation réussissant à décrocher un siège pour la première fois depuis la création de ce parti. Il a tiré profit de la lutte intestine au sein de la section locale du PJD qui a perdu un siège pour n'en garder qu’un seul, celui de Mohamed Idaomar, l’actuel maire de Tétouan. Amin Boukhoubza, l’autre figure locale du parti de Benkirane, avait claqué la porte du parti pour se présenter au sein d’une liste indépendante.
Rachid Talbi Alami avec le RNI et Mohamed Mellahi avec l’USFP maintiennent la représentation de Tétouan au Parlement pour ces deux partis.
A Chefchaouen, le PJD a lui aussi perdu son siège au Parlement, une occasion rattrapée au vol par le PAM qui s’arroge deux sièges, le Mouvement populaire et l’Istiqlal gardant les leurs. La prise de position de plusieurs figures du PAM dont Ilyas El Omari, son secrétaire général, en faveur des cultures illicites et de l’ouverture d’une discussion publique sur leur devenir semble lui avoir valu l’estime des électeurs de cette région.

samir_abdelmoula_072.jpg

Figure atypique du PJD, Samir Abdelmoula est un jeune politicien, un pur produit de la mission française. Il est l’un des héritiers de la famille Abdelmoula, connue notamment dans le monde maritime avec le développement puis la faillite du groupe Comarit en 2012. C’est aussi un transfuge du PAM dont il a été membre du bureau national sous la bannière duquel il a dirigé la mairie de Tanger de 2009 à 2010. Sous les couleurs du PAM, il a aussi été député à la Chambre des conseillers. Colistier de Boulif, il rempile pour un mandat au Parlement.

 

najib_boulif_072.jpg

Najib Boulif a été pendant longtemps présenté comme le «monsieur économie» au parti de la lampe. Professeur universitaire, il manie avec aisance la langue de Molière, une caractéristique peu fréquente chez les cadres de son parti. Né à Tanger, il dispose d’un capital sympathie qui ne semble pas s’être estompé même après son passage par les deux gouvernements Benkirane. Deux de ses colistiers, Samir Abdelmoula et Mohamed Khyi, ont eux aussi été élus.

 

mohamed_idaomar_072.jpg

Actuel maire de la ville de Tétouan, Mohamed Idaomar n’a pas pu égaler le score de ses collègues de parti à Tanger. Sa liste n’a pas réussi à faire passer son poulain, férocement concurrencée par celle des autres partis traditionnellement installés dans la ville de la colombe blanche comme l’USFP, le RNI ou plus récemment le PAM. Mais c’est la lutte intestine avec Amine Boukhoubza, une des figures du parti de la lampe à Tétouan qui s’est présenté en liste indépendante, qui l’a nettement affaibli.

 

fouad_el_omari_072.jpg

Fouad El Omari, ancien maire de 2010 à 2015 et député sortant, a pu décrocher un siège pour se maintenir au Parlement. A la tête de la mairie de la ville de Tanger durant cinq ans, il a accumulé une profonde connaissance des problématiques locales et régionales. Il est aussi le frère d’Ilyas El Omari, actuel secrétaire général du parti du tracteur. Il constitue l’un des piliers rifains du parti, doté d’une grande popularité auprès de cette frange de la population.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc