Culture

De Laatiris «transmetteur» à Laatiris l’artiste

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4870 Le 06/10/2016 | Partager
«Catalogue déraisonné» une exposition à la manière d’une rétrospective
Le pionnier de l’installation au Maroc revisite ses œuvres majeures au MMVI
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 «Al Buraq» est comme les autres installations une œuvre revisitée par Faouzi Laatiris. Cette fois-ci, il a choisi de représenter Fairuz mais aussi Beethoven, Einstein, Marcel Duchamp, Averroès et Mahmoud Darwish (Ph. Bziouat)

Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) invite à nouveau le public à s’immerger dans l’univers fantasque du pionnier de l’installation au Maroc, Faouzi Laatiris. «Catalogue déraisonné» n’est autre que le deuxième volet du projet «Volumes fugitifs» initié en mai dernier. Après avoir présenté «Les Sept portes» en invitant des artistes de l’Ecole de Tétouan qu’il a contribué à révéler, l’artiste invite cette fois-ci le spectateur à accéder à son monde créatif personnel. L’exposition magistrale dont le vernissage a eu lieu mardi dernier n’a pas manqué de réunir des artistes comme Younès Rahmoun, Mustapha Akrim, Batoul S’himi, Mohamed Arejdal… qui ont exposé aux côtés de Laatiris lors de sa carte blanche.
La manifestation, bâtie comme une sorte de rétrospective, se décline en trois sections thématiques et chronologiques en démarrant avec «l’Objet désorienté», titre de l’une de ses expositions phares à Paris dans les années 90. Cette section présente en parallèle, à l’instar des autres étapes, quelques archives et dessins de recherche permettant au visiteur de mieux appréhender sa vision. Parmi les œuvres qui ouvrent l’exposition, «Rosace 3», une installation de verres à thé qui joue avec des miroirs en suspension ou encore «Quand on n’a que l’amour», mettant en scène des jouets de guerre derrière un rideau de perles. «Laatiris a toujours mis en œuvre des projets ambitieux. Même s’ils étaient toujours conçus avec des matériaux modestes, ils sont spatialement et intellectuellement exigeants. A travers cette exposition, nous avons souhaité lui redonner  l’œuvre qu’il n’a pas pu conserver toutes ces années», précise Morad Montazami, commissaire de l’exposition. La visite se poursuit avec la section «Ville ambulante» présentant la réflexion  de l’artiste sur la transformation de l’espace public à l’heure de la mondialisation mais aussi des printemps arabes. Le spectateur peut notamment y voir «Tabula rasa» qui reprend des paraboles de télévision où les monochromes modernistes s’opposent à des éléments du quotidien de l’artiste, tels que des mendils, y figure aussi son travail autour des bennes à ordures ou encore «Intikhabates», une peinture murale qui reprend les murs des périodes électorales au Maroc. «Catalogue déraisonné» se clôture avec la section «Renaissance des mythes» à travers laquelle Laatiris présente sa vision sur les liens entre le sacré et le profane dans le contexte de mondialisation économique. Il y exhume un inconscient collectif avec les bouraqs, lghoul ou encore le compte des «Mille et une nuits».

 

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