Economie

Croissance: Entre 1,2 et 1,5% cette année

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4870 Le 06/10/2016 | Partager
L’aléa climatique s’étend aux cultures d’exportation
Les activités non agricoles peinent à compenser
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Les activités non agricoles ont gagné 0,6 point de croissance au 3e trimestre. La hausse a été portée par les branches de la chimie et des industries mécaniques, métallurgiques et électriques

Le HCP persiste et confirme sa prévision de croissance pour l’année 2016. Tout au plus, elle s’établirait à 1,5% contre 4,3% l’année passée. En cause, une inflexion au 4e trimestre. A peine une  petite progression de 0,8% est anticipée.   Ceci, sous l’effet d’un recul de 12,4% de la valeur ajoutée agricole par rapport à la même période de 2015. Pour le Centre marocain de conjoncture, «l’exercice 2016 devrait s’achever sur une forte contraction de l’activité avec un taux de croissance consolidé se situant autour de 1,2%». C’est le niveau le plus faible depuis plusieurs années, est-il constaté. «Et la situation ne saurait se justifier par les vicissitudes du climat, elle tient plutôt aux déséquilibres profonds du système économique», souligne le Centre dans sa dernière note d’information.    
Reste que le secteur agricole, en particulier sa composante céréalière, exerce une forte sensibilité. Or, pour ce dernier trimestre, même les perspectives de production des cultures d’exportation, notamment les agrumes et les primeurs, s’annoncent moins favorables. Le déficit pluviométrique conjugué aux fortes chaleurs de l’été dernier ont en effet fortement impacté ces cultures.
Pour les primeurs, les professionnels s’attendent à un repli de 10 à 15% de la production des tomates qui constituent également le produit phare à l’export. Quant aux agrumes, une forte charge des arbres est relevée dans les  différentes régions de production. Mais avec une prédominance du petit calibre. Ce qui augure aussi d’une campagne des exportations moyenne à faible. Toujours est-il que les prévisions de production et des sorties n’ont pas encore été publiées par le ministère de l’Agriculture. Nombreux les groupes exportateurs qui se disent dans l’expectative en cette période de signature des contrats. Une situation que certains expliquent par la période électorale. Les activités d’élevage devraient, pour leur part, poursuivre leur évolution au ralenti, dans un contexte de renchérissement des aliments de bétail, notamment la paille et l’orge locale.
La note d’optimisme vient a priori des activités non agricoles, en particulier le secteur des services. Selon le dernier point de conjoncture du HCP, la valeur ajoutée industrielle devrait réaliser un accroissement de 2,1%, en variation annuelle durant ce 4e trimestre. En revanche, le secteur minier devrait marquer une croissance modérée, en raison d’une demande extérieure qui peine à reprendre. Les cours mondiaux des phosphates et dérivés se stabilisent également à des niveaux jugés assez bas. Seul le secteur des services devrait connaître un rythme plus soutenu de sa valeur ajoutée par rapport au 3e trimestre. Sa contribution représenterait la moitié de la croissance hors activités agricoles.
Par ailleurs, l’amélioration de 2,6% de la demande extérieure adressée au Maroc devrait favoriser la dynamique des exportations. Mais l’embellie attendue profiterait davantage à certains secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et dans une moindre mesure à l’agro-industrie.  
Moins optimiste que le HCP, la banque centrale table sur un taux de croissance de 1,4%. Un niveau revu à la hausse en juin dernier, suite à l’augmentation de 2,9% de la valeur ajoutée non agricole au terme du 2e trimestre. Ceci, bien que   Bank Al-Maghrib limite la baisse de la valeur ajoutée agricole à 9% contre plus de 10% pour le HCP. Cependant, les deux institutions anticipent un rebond pour 2017: entre 3, 5 et 4%. Ces prévisions restent toutefois conditionnées par la réalisation d’une campagne agricole moyenne. Ce qui permettrait une croissance de 10% de la valeur ajoutée agricole. Et celle des autres activités devrait être portée à 3,2%, selon BAM. Quoi qu’il en soit, la croissance continuera d’être tirée par la demande intérieure. Certes, le débat sur le nouvel modèle de croissance basée sur le secteur industriel a fait son chemin aussi bien au niveau du gouvernement qu’à celui de certains partis politiques, mais l’effet ne sera visible qu’à partir de 2020.
Même si le projet de loi de finances 2017 mise sur «la transformation structurelle de l’économie, avec à la clé l’accélération de l’industrie et la promotion de l’export». En attendant, le pays devrait démarrer la prochaine année par une nouvelle législature avec tous les aléas que ce changement implique.

Baisse de l’inflation

Après une hausse de 1,9%, en variation annuelle, au deuxième trimestre 2016, les prix à la consommation auraient augmenté de 1,6%, au troisième trimestre. Ce ralentissement résulte de la décélération du rythme de croissance des prix des produits alimentaires (2,9% au lieu de 3,7% un trimestre plus tôt). Le repli de l’inflation alimentaire proviendrait, notamment, du reflux des prix de certaines denrées, en particulier ceux des oignons et des œufs, après les hausses exceptionnelles qu’ils avaient connues au trimestre précédent. En revanche, les prix des produits non alimentaires ont enregistré une hausse modérée de 0,6%.   L’inflation sous-jacente, qui exclut les tarifs publics, les prix des produits énergétiques, des fruits et légumes frais et du lait, s’est établie à 1,4% au lieu de 1,6%, au deuxième trimestre 2016.

 

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