Analyse

Projet de loi de finances 2017
L’Etat actionnaire affaiblit ses entreprises

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4870 Le 06/10/2016 | Partager
9 milliards de DH à prélever l’année prochaine
La capacité d’investissement de ces entreprises amoindrie
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La quête de recettes n’a pas de limite. Quitte à plomber l’effort d’investissement de ses entreprises, l’Etat va prélever 9 milliards de DH en dividendes l’année prochaine pour financer son train de vie. Ce sont toujours les mêmes comme par hasard sur qui pèse cet effort. Un chiffre en hausse de 8,8% par rapport aux prévisions de la loi de finances 2016.
En revanche, les autres recettes non fiscales à provenir d’autres entreprises publiques devraient s’inscrire en baisse de 10,4% par rapport à 2016. Pourtant, ces dernières ont apuré leurs contributions à hauteur de 75% à fin août dernier (Source: TGR).
Au total, 5,4 milliards de DH ont été encaissés sur les 8 premiers mois sur un montant budgétisé de 8,3 milliards au titre des produits de monopoles et participations. Mais encore faut-il préciser que les encaissements comptabilisent aussi 1,7 milliard de DH au titre de l’attribution des licences 4G.
Le manque à gagner provient de certains grands groupes comme l’OCP, l’Agence nationale de la conservation foncière, de la CDG et bien d’autres qui n’apparaissent pas dans les statistiques de la TGR.
Or, pour l’année prochaine, de grosses entreprises associées à l’Etat doivent lui verser des dividendes. Et pas des moindres. Même si certaines d’entre elles sont engagées dans de gros projets d’investissement et donc appelées à procéder aux adaptations le cas échéant. Ce qui ne les met pas à l’abri du recours à l’endettement au lieu de placer leurs fonds propres.
A titre d’exemple, le groupe OCP, qui traverse une mauvaise passe marquée par un repli de la demande et une érosion des cours internationaux des phosphates et dérivés, se voit obligé de s’acquitter de 2 milliards de DH. C’est le même montant inscrit dans le budget 2016, mais qu’il n’a versé qu’à moitié.
D’autres entreprises publiques ont été inscrites sur la liste des contributeurs au titre des dividendes avec des montants fixés à des dizaines de millions de DH (voir tableau ci-contre).
Curieusement, des entreprises subventionnées par l’Etat doivent également verser des parts de bénéfices. C’est le cas de l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations. Un organisme dont le fonctionnement est financé par la taxe parafiscale à l’import. L’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses tire également l’essentiel de son budget des aides de l’Etat. C’est dire le degré de coordination interministérielle.

 

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