Législatives 2016

Dernière ligne droite

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4869 Le 05/10/2016 | Partager
Les partis intensifient le rythme à la veille du scrutin
Le PJD s’accroche à «une 2e chance» et le PAM veut «le changement maintenant»
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Au moment où Abdelilah Benkirane semble fragilisé par les promesses non tenues de son gouvernement, Ilyass El Omari présente l’offre du PAM comme «une véritable alternative», dont les effets doivent «être senti dès les premiers 100 jours du gouvernement» (Ph. Bziouat)

A deux jours de la date du scrutin, les équipes de campagne des différents candidats intensifient le rythme. Il faut dire que les enjeux sont énormes pour ces législatives. Ce 2e mandat après l’adoption de la Constitution de 2011 est décisif pour la poursuite de l’implémentation de la nouvelle architecture institutionnelle. Plusieurs projets de lois organiques sont en suspens, après leur adoption en Conseil des ministres. Le prochain exécutif est également attendu sur plusieurs chantiers de taille. Réforme de la retraite, compensation, relance de la croissance, réduction du chômage… autant de points inscrits dans les programmes électoraux de la plupart des partis en course. Mais, c’est au niveau de la mise en œuvre que le prochain exécutif est attendu. Surtout après la déception d’une grande partie de la population, des opérateurs économiques et des centrales syndicales suite aux promesses non-tenues du gouvernement Benkirane. Le patron du PJD n’a pas hésité à solliciter une «2e chance pour poursuivre les réformes». En face, les partis de l’opposition comme le PAM, l’Istiqlal ou l’USFP ont pointé une série de défaillances au niveau de la gestion gouvernementale, dont le maintien «risque de conduire le pays vers une catastrophe», pour reprendre les termes d’Ilyas El Omari, patron du parti du tracteur. Cette formation a fait du «changement maintenant» son credo. S’ils conduisent le prochain gouvernement, les dirigeants du PAM, de même que ceux du RNI, promettent une série de mesures immédiates, à lancer lors des 100 premiers jours. Durant la période électorale, c’est le bras de fer PAM/PJD qui a cristallisé la tension. L’Istiqlal et le RNI ont plutôt misé sur leurs appareils au niveau local, très efficaces en termes de mobilisation des électeurs.
Mais c’est le taux de participation qui constitue la grande inconnue. En 2011, le taux était relativement élevé à cause de la dynamique amorcée dans le sillage du Printemps arabe, du Mouvement du 20 février et de l’adoption de la nouvelle Constitution. Cette année, l’impression est que la population semble s’approprier les enjeux de cet exercice démocratique, surtout vu l’effervescence qui a marqué la campagne électorale. Mais ce constat doit se traduire par l’acte de vote le jour du scrutin. Pour l’instant, difficile de vérifier, par des outils scientifiques, ce regain d’intérêt des électeurs, à cause de la décision du ministère de l’Intérieur d’interdire les sondages d’opinion sur les opérations électorales.  Aujourd’hui, même les plus sceptiques semblent convaincus de la nécessité d’introduire les débats de société dans un cadre institutionnel. Avec la participation du PSU et du PADS dans ces élections, seuls le parti d’Annahj et la jamaâ d’Al Adl Wal Ihssan continuent d’appeler au boycott.

 

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