Législatives 2016

Fès: Le PJD veut une seconde chance

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4868 Le 04/10/2016 | Partager
«Il faut rempiler pour poursuivre les réformes», rappelle El Azami
Des zéros partout, y compris pour le «Zéro Mika»… les critiques
f7s_pjd_068.jpg

Driss El Azami El Idrissi et Omar El Fassi El Fihri sont respectivement les candidats PJD dans les circonscriptions Fès-Sud et Fès-Nord. Ils veulent rempiler pour poursuivre les réformes (Ph YSA)

Le PJD veut élargir son assiette électorale. Connue chez le «commun» des Marocains, la formation d’Abdelilah Benkirane veut séduire les élites économiques et scientifiques. C’est ce qui ressort en effet de la rencontre organisée jeudi dernier dans un hôtel d’affaires à Fès par les candidats du parti. «Nous avons réuni “l’élite” des opérateurs économiques et représentants de la société civile pour tenter de les convaincre», indique Driss El Azami El Idrissi, maire PJD de Fès et également candidat aux législatives dans la circonscription Fès-Sud.
Selon lui, «il faut rempiler pour poursuivre les réformes». «Mais de quelles réformes parlez-vous? Votre gouvernement a eu des «zéros» dans tous les secteurs, y compris la fameuse suppression des sacs en plastique “Zéro Mika”», lui a infligé un participant. «Diplômées à l’étranger, mes filles ne veulent plus revenir au Maroc. Elles n’y voient pas d’avenir», a dénoncé un autre. «Et puis, à quoi servent ces élections, si une fois élu, le PJD fait coalition avec d’autres formations dont les leaders ne lui ressemblent pas si ce n’est qu’ils sont  de grandes gueules», renchérit Khalid Hadhoum, un entrepreneur. De son côté, Driss Chater, président de l’Union internationale des avocats, s’est interrogé sur «la place de Fès, ville millénaire, dans le programme du prochain gouvernement».  
Face à ces critiques, le ministre du Budget a demandé une seconde chance. Selon lui, «les Marocains s’intéressent de plus en plus à la politique». «Le PJD a dû se battre pour changer l’esprit de la gouvernance. Il a souffert et n’a certes pas réussi tous ses coups… mais nous sommes sur la bonne voie», rassure El Azami. Même son de cloche auprès de Abdelghani Lakhdar, président du Forum des cadres du PJD, pour qui «le parti a mis en place trois scénarios possibles dont il a choisi le plus réaliste, à savoir une croissance entre 4 et 5,5%, un déficit budgétaire maîtrisé à 2,7% et une dette qui ne dépasse pas 56,5% à la fin du prochain mandat». Auparavant, et s’il remportait les élections, le parti de la lampe devrait instaurer quatre commissions ministérielles.
Une pour la direction politique qui réunira tous les 3 mois les chefs des partis au pouvoir pour exprimer leur soutien à la déclaration gouvernementale. Les autres regrouperont les ministres pour montrer le cap et faire le point, celle des secrétaires généraux consiste à faire le suivi et une commission territoriale regroupant ministres et présidents des régions. Mais ne s’agirait-il pas là d’une idée calquée sur la proposition de l’Istiqlal qui appelait à la création de pôles ministériels avant de claquer la porte du gouvernement en 2013?  En tout cas, le PJD mise beaucoup sur Fès. A ce titre, le maire est attendu à l’antenne régionale de la CGEM Fès-Taza ce mardi. Le meeting d’Abdelilah Benkirane est, quant à lui, prévu demain 5 octobre au complexe sportif de Fès.

 

L'Economiste vous conseille

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc