Société

Le plus grand télescope à neutrinos du monde
La partie optique pour le Maroc

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4868 Le 04/10/2016 | Partager
Les universités de Rabat et Oujda, nos ambassadeurs de la science à l'international
Elles produisent une partie des modules optiques du télescope
L'outil géant sert à détecter les séismes et étudier les fonds des mers
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On les appelle les messagers célestes. Des milliards de milliards de neutrinos traversent la terre toutes les nanosecondes et pour les astrophysiciens, chacune de ces particules infimes constitue un messager potentiel transportant des informations sur son origine céleste. Le projet de télescope à neutrinos KM3NeT permet, entre autres de réaliser des études sur le milieu marin, la sismologie,  biologie marine ou encore d’autres d’aspects astrophysiques. La seconde photo est celle de l'Observatoire de neutrinos de Sudbury, et dont la sphère ne fait que 18 mètres (Ph. UM5R)

Un précieux geste de confiance des pays européens à l’égard des chercheurs marocains. Les deux universités de Rabat et celle d’Oujda vont contribuer à la fabrication du grand télescope à neutrinos KM3NeT au monde. Une convention vient d'être signée au siège du ministère de l’Enseignement supérieur à Rabat. Elle permet ainsi au Maroc d'intégrer un réseau européen de haut niveau, composé de 9 pays, qui aura pour mission la mise en place au fond des eaux de la Méditerranée du plus grand télescope à neutrinos au monde, indique Saaid Amzazi, président de l’université Mohammed V de Rabat. Dans le cadre de ce projet européen, les équipes de chercheurs marocains vont se charger de la mise en place d’une ligne de production des modules optiques pour le télescope, précise Maarten De Jong, porte-parole de la collaboration internationale avec Télescope à neutrinos KM3NeT. L’impact de cette contribution sera certainement positif du fait qu’elle va permettre la formation des doctorants de nos universités et renforcer leur savoir-faire dans certaines disciplines scientifiques de pointe avec une opportunité de s’ouvrir davantage sur l’international, ajoute de sa part Mohamed Abou Saleh, SG du ministère de l’Enseignement supérieur. En détail, la contribution des équipes marocaines va porter sur trois tâches, explique Yahya Tayalati, professeur à la Faculté des sciences de Rabat. Premièrement, l’installation d’une chaîne de production pour assurer la fabrication des modules optiques du futur télescope. Par la suite, on passe à l’opération d’assemblage de ces modules avec la réalisation de l’ensemble des tests nécessaires pour s’assurer de leur bon fonctionnement en tenant en considération des contraintes du site qui sera situé à une profondeur de près de 3.000 mètres en Méditerranée au large de la Sicile. Une fois tout ce travail réalisé, nos équipes vont participer par la suite à l’insertion de quelques lignes de détection du futur télescope, précise Tayalati. Ce projet prévoit un total de 6.000 lignes de détection dont la hauteur de chacune dépassant celle de la tour Eiffel. La partie marocaine est chargée de produire et de mettre en place environ un tiers de ces lignes, explique Tayalati. Le coût du projet avoisine 120 millions d’euros, selon Maarten De Jong. Près de 30 millions ont déjà été engagés pour les travaux de la première phase du projet portant notamment sur la réalisation du réseau électrique composé de câble en fibres optiques. Selon les promoteurs du projet, le futur télescope devrait être opérationnel à partir de 2020.

 

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