Régions

Fès-tourisme: Une lueur d’espoir pour 2017

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4866 Le 29/09/2016 | Partager
Les réservations reprennent, mais ceci ne sauve pas la saison
«Redynamiser la région nécessite une volonté politique», selon Faceh
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Produit phare de la ville de Fès, la médina est un véritable trésor, un univers incomparable de vie, d’histoire, de beauté, d’émerveillement. Le CRT entend exploiter ce gisement pour multiplier par 10 le nombre de visiteurs (Ph YSA)

La ville de Fès, à l’instar de toutes les destinations touristiques du Maroc, a enregistré une nette régression en matière de tourisme durant les neuf premiers mois de 2016. Les statistiques officielles soulignent une baisse de 25% du taux d’occupation. Ceci alors que les principaux hébergeurs évoquent une perte de plus de 40% de leur chiffre d’affaires. Il en est de même pour les restaurateurs, les commerçants, et autres secteurs liés au tourisme.
Pour Driss Faceh, président du Conseil régional du tourisme (CRT-Fès), «le secteur est impacté par la crise financière qui sévit en Europe, le terrorisme, l’amalgame, et bien d’autres raisons géopolitiques». Raisons pour lesquelles, aucune campagne promotionnelle n’aurait d’effet dans l’immédiat.
En fait, depuis les attentats de Paris (janvier et novembre 2015), ou encore ceux perpétrés en Tunisie, les touristes européens sont devenus de plus en plus rares. A telle enseigne que les professionnels du tourisme qualifient la saison 2016 de «catastrophique». Rien que pour les trois derniers mois, les réservations dans les unités classées ont presque été nulles. En revanche, «la capitale spirituelle est en train de renouer avec la reprise», affirme le patron du CRT. Selon lui, «les réservations pour les mois d’octobre, novembre et décembre se confirment». «Certes, on ne peut pas dire que la saison est sauvée. Mais, nous pouvons rattraper légèrement le déficit… nous avons une lueur d’espoir et il y a de la lumière au bout du tunnel pour février, mars et avril 2017 aussi», dit-il.
Pour 2017, la destination mettra en avant sa médina et ses monuments fraichement restaurés. «Il s’agit d’un univers incomparable de vie, d’histoire, de beauté, d’émerveillement». La vieille cité offrira à ses visiteurs un lieu riche en histoire, à chaque ruelle une découverte surprenante entre les boutiques de coin de rue, les ateliers des artisans, les foundouks et les médersas. Ainsi, le CRT veut exploiter ces gisements culturels. Au menu également, la réactivation du package «Ziara Tijania» à 5.000 DH (tout compris) qui pourrait intéresser les 350 millions d’adeptes de la tariqa bicentenaire, originaires de l’Afrique de l’ouest. Pour réussir ce projet, le CRT mise sur le logement chez l’habitant et la création d’une ligne aérienne directe Dakar-Fès et d’un vol low-cost  avec Lagos (Nigeria). «Grâce à ces nouvelles dessertes, nous espérons passer de 600.000 visiteurs aujourd’hui à 1 million à fin 2017», estime Faceh. Pour lui, il faut sauter les verrous de l’aérien pour assurer le développement du tourisme dans la région. Il faudra donc mettre en place des vols low-cost qui pourraient tripler le nombre des arrivées du marché africain pour atteindre 3 millions de touristes à l’horizon 2020. A noter que les tijanes dépensent entre 1.000 et 1.500 euros chacun. Ils considèrent leur voyage à Fès comme un pèlerinage sacré et achètent des produits d’artisanat qu’ils offrent, à leur retour, à leurs proches, et participent ainsi à la promotion de la destination.
Pour ce qui est des marchés traditionnels, la France et l’Espagne en particulier, la commercialisation de la destination Fès est, elle aussi, conditionnée par le transport aérien. A ce titre, l’apport des compagnies aériennes est vivement applaudi. «Air Arabia Maroc qui nous appuie dans cette démarche a programmé trois nouvelles connexions. La toute dernière reliera Fès à Bordeaux le 3 décembre 2016», souligne Faceh. Et de conclure: «redynamiser la région dépendra d’une réelle volonté politique au plus haut lieu».

Animation

Il y a nécessité aujourd’hui de programmer des activités d’animation en adéquation avec l’image et les aspirations de la ville impériale et multiplier les efforts en termes de promotion. A ce titre, Fès célèbrera le centenaire de sa ville-nouvelle en octobre en grande pompe. Enfin, la wilaya dépoussière le projet d’aménagement de la place Boujloud. Place que l’on veut comme «la soeur jumelle de Jamâa Lafna». Sans prétendre voler la vedette à la place de la ville ocre, les professionnels du CRT préconisent une forme de complémentarité. «Pour commencer, 12 kiosques d’animations culturelles et culinaires devront être aménagés grâce à un appui de la wilaya», conclut le président du CRT.

Lutte contre l’informel

A n’en point douter, le secteur informel nuit significativement à l’activité touristique. Elles seraient quelque 300 unités non autorisées qui hébergent des touristes à des tarifs dérisoires, «entre 7 et 15 euros la nuit». Pour El Hadi El Mernissi, président de l’association régionale de l’industrie hôtelière de Fès (ARIHF), «ces endroits ne respectent aucune condition de qualité, ni d’hygiène». Ils ne répondent pas non plus aux mesures sécuritaires obligatoires pour l’accueil d’une clientèle quelconque (marocaine et étrangère). «Le comble, c’est que ces établissements opèrent au vu et au su des autorités», dénoncent les opérateurs. Preuve à l’appui, ils présentent des adresses d’établissements qui recrutent leurs clients sur le web, parfois à 70 DH la nuit!

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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