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Economie

Banques centrales arabes
Le Conseil focalise sur l’inclusion financière

Par Amine ATER | Edition N°:4863 Le 26/09/2016 | Partager
Un levier pour le financement des TPME
Une feuille de route sera examinée en octobre prochain
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Pour Abdellatif Jouahri, gouverneur de BAM, «l’inclusion financière est  un outil  très pris au sérieux par le G20 ainsi que plusieurs institutions internationales, car il répond aux problèmes économiques et sociaux du monde arabe» (Ph. L’Economiste)

Le Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes s’est tenu à Rabat, le 22 septembre dernier, pour débattre des dernières évolutions des économies régionales et internationales. Une réunion qui s’est focalisée sur le dossier de l’inclusion financière dans le monde arabe. «Ce sujet est devenu essentiel pour nous. Il est pris très au sérieux par le G20 qui l’a inscrit à son ordre du jour», précise Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib et président de la 40e session ordinaire du Conseil des gouverneurs des banques centrales. Pour ces organismes de gouvernance, l’inclusion financière représente un levier non négligeable pour une croissance économique durable.
Un outil qui permettrait la création d’emplois pérennes, la réduction des inégalités, de la pauvreté et le maintien de la stabilité financière. «Les situations sont différentes selon les pays arabes. Ce qui nous impose une approche prudente. Nous travaillons de concert pour mettre en place des politiques accommodantes pour le financement des TPE et PME qui sont une préoccupation majeure des banques centrales arabes», explique Abdulrahman Al Hamidy, PDG du Fonds monétaire arabe. L’objectif pour les banques centrales est de mettre en place des cadres réglementaires cohérents tout en y intégrant  les outils d’innovation financière et de protection des consommateurs. «Les mesures concrètes d’inclusion financière sont actuellement à l’étude pour établir un plan d’action où le benchmark sera essentiel, tout en gardant en tête les spécificités propres aux pays arabes», avance Jouahri. Un chantier qui rentre dans les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Un projet qui vise à assurer l’accès à une gamme complète de services financiers de qualité avec une structure de coûts soutenables et adaptés aux populations ou encore aux entreprises non bancarisées ou mal desservies dans les pays arabes. «Il sera nécessaire d’entamer une modernisation des services bancaires et monétiques, tout en privilégiant des outils à faibles coûts», précise le gouverneur de Bank Al-Maghrib. L’importance de l’inclusion financière pour les Etats arabes s’explique par la possibilité de création d’emplois, dans une zone où les populations sont jeunes. Intégrer cette tranche dans le marché de l’emploi permettrait aux Etat de maintenir une stabilité économique, sociale et politique.
Il n’empêche que ce projet d’inclusion financière connaît certains blocages, notamment la méfiance de la part de quelques établissements et partenaires internationaux au moment d’accompagner leurs homologues arabes. Selon le PDG du Fonds monétaire arabe, «les organismes internationaux sont de plus en plus méfiants vis-à-vis des banques arabes à cause de supposés risques de financement d’activités terroristes ou de blanchiment d’argent. Ce qui nous oblige à faire front commun».
Une situation qui devrait être débloquée grâce au concours de la Banque mondiale et du FMI qui ont entamé des actions de sensibilisation au niveau des acteurs internationaux pour qu’ils prennent en considération les efforts fournis par les banques arabes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Résilience

Le Souverain a adressé un message aux participants au 40e Conseil des gouverneurs des banques centrales arabes. L’occasion de mettre l’accent sur les réformes engagées au Maroc, notamment celle qui a touché le système de subvention des prix à la consommation. Un ensemble de chantiers ayant permis au Maroc de réussir l’évaluation menée par le FMI et la Banque mondiale en avril 2015. Le Souverain a également rappelé le ralentissement des économies émergentes, voire leur récession, conjugués à une multitude de développements politiques et sociaux. «Les conflits politiques, la dégradation de la situation sécuritaire et la montée du terrorisme continuent de détruire les institutions, de ruiner les économies… De même, le trend baissier des prix du pétrole met à rude épreuve les économies de plusieurs pays exportateurs... avec notamment une réduction des marges budgétaires pour l’investissement économique et social», explique le Souverain. Face à cette situation, les économies arabes, notamment marocaine, ont fait preuve de résilience dans un contexte difficile, selon le message royal.

 

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